Expériences de la nature (programme CPGE 2025-26)

Mise à jour le   15/01/2026

Cette journée d’étude, coorganisée par Nicolas LE MERRER (responsable du département de philosophie, HCTI) et Marie-Noëlle RIBAS (professeure agrégée en philosophie en classe préparatoire au Lycée Ste-Anne de Brest, associée à HCTI), vise à explorer la diversité des “expériences de la nature”, thème au programme des CPGE scientifiques pour cette année 2025-26. Cette journée sera donc l’occasion d’initier une rencontre et une discussion entre les étudiant.es de l’UFR LSH et les élèves des CPGE brestoises, autour de préoccupations communes. L’événement s’inscrit dans le programme de recherche HCTI “L’urgence dans le texte-image : discours et esthétiques du temps court” (https://www.univ-brest.fr/hcti/fr/page/8-lurgence-dans-le-texte-image-discours-et-esthetiques-du-temps-court), il fait suite à un premier cycle d’événements de recherche organisés en 2024 et 2025, qui ont donné lieu à une récente publication collective, à laquelle M.-N. Ribas a contribué : N. Le Merrer et M. Pollaert (dir.), Urgence, CNRS éd., “Les Essentiels d’Hermès”, octobre 2025. Le thème de l’urgence écologique, qui a constitué un fil rouge des réflexions élaborées jusque-là dans le cadre de ce programme de recherche, fera l’objet d’un traitement spécifique à l’occasion d’un colloque international prévu à la rentrée 2026 consacré à l’urgence comme motif esthétique et politique, où il s’agira d’étudier les affects mobilisés par les discours et figurations de l’urgence : cette journée d’étude vise ainsi à poser des jalons théoriques en vue de ce colloque, en examinant précisément la multiplicité des modes de relation à la nature et au vivant, engageant le corps et les affects, qu’est susceptible de recouvrir la notion d’expérience de la nature. 

 

La relation entre l’homme et la nature a toujours oscillé entre l’émerveillement que l’on peut éprouver face à ce que l’on perçoit comme l’inventivité de la nature, sa beauté et sa richesse, d’une part, et la volonté de contrôler et d’exploiter cette dernière au moyen des sciences et de la technique, de l’autre. L’homme est un être naturel et, pourtant, il se vit parfois comme étant extérieur à la nature et supérieur aux vivants qui l’entourent, sur lesquels il s’arroge des droits. Or, aujourd’hui, cette ambition prométhéenne d’une maîtrise technique de la nature ne peut manquer d’interroger, ne serait-ce qu’au regard de l’urgence écologique. Ne doit-on pas en finir avec cette position de surplomb, ce regard objectivant porté sur la nature, auquel une certaine science nous a habitués, pour réapprendre à l’habiter et l’investir d’un nouveau sens ?  

De la nature, nous avons pourtant des expériences multiples, hétérogènes parfois, peut-être même difficilement compatibles entre elles : c’est dans cette multiplicité de nos expériences de la nature que cette journée est résolument ancrée, partant du principe qu’il s’agit-là d’une ressource pour nous aider à reconsidérer ce que la nature peut signifier pour nous. 

 

L'objectif de cette journée est ainsi d'articuler une réflexion théorique sur l'expérience de la nature comme enjeu épistémologique d’une part, à une réflexion plus exploratoire autour d'expériences « limites » de la nature, de l'autre, expériences dont la portée est plus explicitement éthique ou politique, passant par un investissement singulier du corps confronté à une nature hostile ou périlleuse : via des sports comme l'escalade en plein air, par exemple, ou encore à travers des tentatives de réappropriation, politique ou artistique, de la menace ou du péril que peut constituer l’irruption violente et imprévue du naturel dans le cours de la vie humaine (naufrage, catastrophe, effets du dérèglement climatique, etc.).