Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image

HCTI
HÉRITAGES ET CONSTRUCTIONS DANS LE TEXTE ET L'IMAGE

Constructions identitaires et luttes pour la reconnaissance

Séminaire HCTI – Axe 3 : Croisements

Programme : Constructions et frontières identitaires
Constructions identitaires et luttes pour la reconnaissance

Jeudi 7 mars 2019

 

            Dans le cadre du contrat quinquennal du laboratoire HCTI, le sous-axe Constructions et frontières identitaires organise son deuxième séminaire d’études à Lorient le jeudi 7 mars sur le thème suivant : Constructions identitaires et luttes pour la reconnaissance.

 

            Le thème de la lutte pour la reconnaissance s’est imposé, depuis quelques décennies, comme un thème majeur des sciences sociales et de la philosophie, grâce notamment aux travaux d’Axel Honneth, Paul Ricœur, Nancy Fraser, Charles Taylor. A vrai dire, « la lutte pour la reconnaissance » renvoie à un concept et un paradigme qui permettent de comprendre les diverses formes que prennent les luttes publiques menées individuellement ou collectivement. 

            La lutte pour la reconnaissance peut s’actualiser dans l’argumentation et / ou dans la violence, réelle ou symbolique, à travers la mise en place d’espaces publics de discussion et de confrontation. En effet, les acteurs engagés dans une lutte pour la reconnaissance peuvent viser le consensus et la réconciliation comme ils peuvent chercher à approfondir la confrontation et adopter une posture fondamentalement agonistique.

            En outre, le thème de la lutte pour la reconnaissance permet de jeter un nouvel éclairage sur les questions de l’identité et de la construction identitaire puisque toute identité est par essence intersubjective et qu’elle est tributaire de la nature de la relation que le sujet établit avec autrui. En effet, on ne peut se construire en tant que sujet social, moral, éthique, politique, etc. qu’à travers la reconnaissance par autrui,  la valeur de tout sujet devant constamment être confirmée et validée par la reconnaissance par l’autre. Pour ces mêmes raisons, l’identité est vulnérable à tout déni de reconnaissance et à toute forme de mépris, réel ou ressenti, par autrui ; l’expérience du mépris se vit souvent comme privation de reconnaissance et agression psychique.

            Par ailleurs, toute lutte pour la reconnaissance présuppose un processus de subjectivation et, par conséquent, d’affirmation de soi et d’émancipation. Le sujet qui mène cette lutte se montre et se vérifie à soi-même dans une série d’actes de discours auto-assertifs. Dans ce cas précis, la lutte pour la reconnaissance consiste, pour des identités stigmatisées, ignorées ou dominées, à élever des revendications d’égalité et d’équité, à faire émerger, dans l’espace public, des voix tues et à y faire circuler d’autres représentations d’un soi individuel ou collectif. Il s’agit dans tous les cas de lutter contre les mécanismes, les logiques et les dispositifs d’invisibilisation, qu’ils soient discursifs ou institutionnels.

            En somme, la lutte pour la reconnaissance est un paradigme qui permet de saisir un autre ressort des combats et des actions dans lesquels sont engagés les acteurs sociaux et politiques réels autant que les personnages de fiction. Au cœur de ce paradigme se trouve une demande fondamentale : obtenir le statut d’un sujet digne de considération morale. De cette considération morale dépendent l’image de soi et l’identité individuelle ou collective des sujets.

            Nous vous invitons à étudier la question de la lutte pour la reconnaissance dans son rapport à la question de l’identité et à celle de la subjectivation en répondant, à titre d’exemple, aux questions suivantes :

·         Quel est l’objet du litige au cœur de la lutte pour la reconnaissance ?

·         Qui mène la lutte pour la reconnaissance ? Au nom de quoi et / ou de qui ?

·         L’expérience du mépris ou du déni de reconnaissance est-elle pensée en termes individuels ou collectifs ?

·         Quelle est l’instance qui dénie la reconnaissance et au nom de quoi ?

·         Quels sont les fondements moraux, éthiques, politiques, etc. qui fondent la lutte pour la reconnaissance ?

·         Quelles stratégies discursives sont utilisées dans le cadre de la lutte pour la reconnaissance ?

·         Quel éthos émerge de la lutte pour la reconnaissance ?

 

 

            Les propositions de communication sont à envoyer à Radia Hannachi (radia.hannachi@univ-ubs.fr) et à Mohamed Saki (mohamed.saki@univ-brest.fr) avant le 21 janvier 2019. La durée des communications ne dépassera pas 30 minutes.

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