Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image

HCTI
HÉRITAGES ET CONSTRUCTIONS DANS LE TEXTE ET L'IMAGE

Écritures et représentations des espaces maritimes, insulaires et portuaires

Perçu dans son immensité, l’espace maritime est propice à la liberté des parcours et des déplacements, qu’ils soient réels ou imaginaires. Il est lieu intermédiaire, interface, espace de liaison entre les terres aboutissant à des phénomènes d’acculturation, de transferts (de populations, objets, idées, courants artistiques, etc.) et de métissages culturels. L’histoire et la littérature abondent d’épopées, de récits de traversées remplies de l’espoir de découvrir une terre inconnue, une île inexplorée. Homère, Pierre Loti, Herman Melville nous racontent la mer pour en dévoiler les mystères, en définir les contours réels, imaginaires ou métaphysiques. L’île et le port, terres à la frontière de l’espace maritime et de l’espace terrestre, constitueraient ainsi le point de départ ou d’arrivée, l’aboutissement de périples et d’ambitions pour certains, ou à l’inverse des lieux d’exil, voire d’enfermement pour d’autres. Les mouvements par-delà des mers pourraient être associés à des risques d’invasion, de conquête, comme cela a été le cas de Christophe Colomb et des Conquistadors, ou à l’implantation de comptoirs symbolisant les Empires britanniques, français ou portugais.

Envahis ou désaffectés, en attente de reconversion ou profondément modifiés, les espaces insulaires et portuaires sont constamment réinventés dans leur rapport à la mer. Ils sont à interroger comme des lieux de tension entre soi et l’autre, de conflits, entre isolement et rencontre, mais également comme des lieux éminemment politiques et symboliques des peuples qui, de tout temps, ont recherché et/ou craint l’autre par-delà les espaces maritimes. Frontières d’un espace collectif, communautaire ou national, ils peuvent servir à la définition des identités mais également inciter aux rencontres, à un processus de transculturation en constante évolution, au rythme des vagues qui accompagnent ou éloignent l’autre.

Quelles sont les représentations des espaces maritimes ainsi que des zones portuaires et des îles dans la littérature, la poésie, le cinéma, les arts plastiques ? Quelle est leur place dans nos sociétés, dans nos États-nations ? Comment ces espaces se répondent-ils ? Comment ont-ils évolué en lien avec l’histoire des femmes et des hommes ? Quels sont les quêtes, et plus prosaïquement, les échanges et les transferts de ressources et de populations, de patrimoines culturels, qui émergent et dépendent de ces espaces maritimes ? Comment « l’histoire connectée » se révèle-t-elle dans les approches civilisationnelles mais aussi dans les domaines des arts et de la littérature ?

Aucun espace maritime, insulaire ou portuaire n’est à exclure. Si la construction de ces espaces maritimes peut être perçue dans une dimension synchronique, on constate que le xxie siècle, qui voit se révéler une crise de la mondialisation, invite aux approches comparatives entre récits d’origine et faits récents dans toutes leurs variations géographiques et historiques.

On pourra également analyser l’évolution de ces lieux qui deviennent successivement espaces d’échanges et de rupture, lieux reculés puis par exemple menacés par un tourisme de masse attiré par des archipels tropicaux prétendus paradisiaques auprès des populations citadines en quête d’exotisme. Quels en sont les enjeux économiques, environnementaux, sociétaux, humains ? Il sera à cet égard particulièrement intéressant d’analyser la question de l’environnement face aux défis climatiques et aux arguments catastrophistes, possiblement en lien avec les questions d’exotisme, de paradis perdu ou d’utopie à construire.

C’est l’ensemble de ces questions que cette journée de l’axe 1 « espaces » propose de traiter, grâce à des approches théoriques et des études de cas, de manière à montrer la cohérence des programmes portés par cet axe et sa contribution au sein du projet scientifique du laboratoire HCTI et sa thématique « lignes de forces ».

 

Les propositions de contribution seront à envoyer conjointement à :

Maria José Fernandez, Isabelle le Corff, Marie-Christine Michaud et Pauline Pilote avant le 31 mai 2019.

Maria-Jose.Fernandezvicente@univ-brest.fr, Isabelle.Le-Corff@univ-brest.fr, marie-christine.michaud@univ-us.fr, pauline.pilote@univ-ubs.fr

 

 

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