Site Model

un dictionnaire de l'actualité internationale

Image

Professeur à la faculté de droit de Brest, Valère Ndior vient de publier, avec l'appui de nombreux contributeurs un « Dictionnaire de l'actualité internationale » qui passe au crible la façon dont est traité le sujet dans les médias francophones.

À quand remonte ce projet éditorial et en quoi consiste-t-il, précisément ?

Lors de mon arrivée à l'Université de Bretagne Occidentale (UBO), en 2018, j'avais déjà cette idée en tête. Je tenais, depuis 2014, un blog de vulgarisation juridique sur le langage diplomatique, qui a servi d'ébauche à un ouvrage complet sur les termes employés par les médias des pays francophones pour traiter de l'actualité internationale. À Brest, j'ai trouvé de nombreux soutiens, notamment avec le Lab-LEX dirigé par Dorothée Guérin. J'ai aussi pu mobiliser localement de nombreux contributeurs à ce dictionnaire, inédit dans sa forme car il s'adresse à la fois aux juristes, étudiants ou confirmés, au monde politique, aux médias, et même au grand public. Au final, on peut donc dire que c'est un regard assez brestois sur le monde, et j'en suis très heureux.

Cet ouvrage comporte-t-il une dimension critique sur la façon dont est traitée cette actualité internationale ?

Ce n'est pas une critique agressive, la démarche est réellement constructive et interactive. Il s'agit, pour chaque terme examiné, de déterminer à quoi il correspond, et ce n'est pas toujours évident. Un exemple : l'emploi du terme « Bruxelles » pour désigner les institutions européennes, entretient une confusion dans les esprits sur le fonctionnement et la nature même de ces institutions. Il s'agit d'un raccourci de langage, mais il pose un problème de sens. On analyse aussi des termes venus de l'anglais mais qui se sont imposés ces dernières années dans la sphère médiatique. Tout particulièrement « Fake News », un concept un peu fourre-tout qui a marqué les esprits.

À lire sur le sujet Hubert Védrine : « Je suis adepte du parler vrai » Qu'en est- il des termes spécifiques à la covid-19? La crise sanitaire a généré plusieurs néologismes qui rythment notre quotidien depuis plus d'un an désormais...

C'est justement le moment où le manuscrit a été finalisé (rires). Notre champ d'étude s'étend jusqu'à mars 2020, mais nul doute que ces nouveaux mots liés au coronavirus vont faire l'objet d'un autre ouvrage tant il y a matière à analyse. Bien sûr, j'ai suivi en veille l'émergence d'un vocabulaire dédié à ce sujet devenu majeur dans les médias du monde entier. Crise sanitaire, covid-19, confinement... autant de mots qui sont venus enrichir un lexique qui, auparavant, se bornait à la notion d'épidémie. En la matière, la communauté scientifique a largement contribué à expliquer et clarifier cette réalité surprenante dans la sphère publique. C'était une occasion unique, et elle l'a saisie. Là aussi, il y aura des conclusions à en tirer quand nous serons revenus à une situation « normale ».

« Dictionnaire de l'actualité internationale », sous la direction de Valère Ndior, éditions Pedone, 570 p. 54 €.
 

Cet article est paru dans Le Télégramme (Bretagne) (site web)

« Un regard brestois sur l'actualité internationale »

Recueilli par Anthony Berthou