MUNOZ Jorge

Maître de Conférences en Sociologie
Sociologie du travail, risques professionnels, économie sociale et solidaire, action publique.


Enseignant-chercheur
Etablissement : Université Bretagne Occidentale
Affectation de recherche : LABERS (LAboratoire d'Etudes et de Recherches en Sociologie)

Equipe(s) : Mutations contemporaines du travail
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Projets en cours de réalisation ou récemment terminés

Les arrêts de travail dans le Finistère. Une étude sociologique sur les processus de constructions de l’arrêt de travail
Contexte et constats

Les CPAM s’inscrivent dans une politique nationale de gestion de l’assurance maladie, la question des dépenses étant centrale depuis plusieurs années. Il s’agit dans cette perspective de tendre vers une maîtrise des soins au moindre coût. Les CPAM font l’objet d’un suivi par la CNAMTS à partir d’un certain nombre d’indicateurs parmi lesquels les arrêts de travail. Globalement, la région Bretagne connaît davantage d’arrêts de travail que le reste de la France en nombre et en durée. Parmi les départements bretons, le Finistère est celui où les arrêts en durée et en nombre sont les plus importants.
Un tissu économique spécifique… Mais qui n’explique pas tout
L’économie bretonne se caractérise par des secteurs connus pour leur pénibilité et leur instabilité d’emploi (agroalimentaire, tourisme), il est hautement probable que le tissu industriel explique en partie le phénomène. Cependant, l’explication reste insuffisante puisqu’il s’étend au secteur tertiaire. Autrement dit, le phénomène ne s’explique pas uniquement par le secteur d’activité ou par la forme d’organisation du travail. Il est fort probable qu’il faille rechercher les explications du côté des transformations que ces organisations connaissent.
Néanmoins, l’arrêt de travail ne peut se limiter aux formes contraintes résultant de l’organisation du travail.
Un phénomène à situer dans une configuration précise
L’arrêt de travail ne peut se comprendre sans se référer à un contexte précis. Dans le cas de la France et notamment de la demande de la CPAM 29, on ne peut faire abstraction des éléments suivants :
La place des prescripteurs, à savoir les médecins : en effet, on ne peut éluder la question du rapport que les médecins entretiennent avec leurs patients et la définition qu’ils ont de l’arrêt de travail. Par ailleurs, ces médecins s’inscrivent dans un « réseau » de relations avec d’autres médecins (spécialistes) avec lesquelles ils développent de relations plus au moins symétriques. Il est important dans le projet d’étude de bien cerner l’arrêt de travail à partir de la fonction et du rôle de prescripteur. La question sous-jacente est la manière dont les médecins s’approprient la fonction de l’arrêt de travail et quel sens lui confèrent-ils.
L’attitude et le parcours des assurés sociaux : l’arrêt de travail est « octroyé » à un (e) assuré (e) social (e). Par conséquent, le projet d’étude ne peut faire l’économie d’une analyse des raisons ayant conduit les assurés à demander un arrêt de travail. De même, de caractéristiques et de sa situation en termes de couverture sociale (question du non-recours par exemple, de délai de demande d’arrêts, etc.).
 Les arrêts de travail s’inscrivent dans un univers politico-administratif : l’existence des arrêts de travail évolue dans un contexte organisationnel et administratif spécifique. La fonction et le rôle de la CPAM et du service du contrôle médical ne peuvent être écartés pour comprendre le phénomène en question. Ces deux organismes ont mis en place une palette de dispositifs pour « suivre » les arrêts, pour contrôler les usages, pour lutter contre la fraude, etc. Par conséquent, il convient d’inscrire le projet dans les politiques nationales et locales de suivi de maîtrise de dépenses.
Ces éléments alimentent l’idée que l’arrêt de travail résulte d’un processus de « construction sociale » qu’il convient de comprendre. Il ne s’agit pas d’une réalité « objective » facilement mesurable car il résulte de l’intervention d’une série d’acteurs et d’un cadre administratif spécifique. Par construction sociale, on attire l’attention sur le fait que l’arrêt de travail existe à l’issue d’un processus qu’il convient de cerner et dont il faut comprendre les mécanismes. Dans quelle mesure les conditions de travail des assurés sociaux expliquent-elles les demandes d’arrêt de travail ? Comment celles-ci sont-elles négociées entre médecins et assurés ? Par ailleurs, comment ces arrêts sont-ils traités par la CPAM ? S’agit-il de seuls critères rentrant en compte dans la construction de l’arrêt de travail ?

Durée de l’étude : 12 mois
Coordination et réalisation : Gabrielle Lecomte-Ménahès, Ingénieure de Recherche LABERS et Jorge Munoz Maître de conférences en sociologie LABERS



Titre du projet : Travailler dans le secteur nucléaire militaire. Étude exploratoire de parcours dans le cadre du dispositif de suivi post-professionnel- TNPpost-professionnel


Modalités :
Les modalités d’organisation et de réalisation du projet articulent une démarche exploratoire qualitative, une démarche de recensement des personnes exposées, la participation d’un collectif de victimes et l’organisation d’une journée d’études.
Par ailleurs, le projet a bénéficié d’une enquête exploratoire au cours de laquelle 3 entretiens collectifs ont été réalisés afin de mieux cerner l’univers du travail des salariés du nucléaire militaire. Cette stratégie a permis d’évaluer la faisabilité, de prendre déjà les premiers contacts avec des anciens salariés, d’identifier les acteurs concernés, de nouer de relation avec d’autres démarches similaires (Giscop93) et d’effectuer un premier recensement de la littérature (voir annexe).
Dans cette optique, seront réalisés (voir plus bas le détail) des entretiens collectifs et individuels, un recensement de la population concernée et notamment une journée d’étude pour diffusion et échanges sur les résultats.

Mots-clés thématiques : nucléaire, militaire, risque, travail et post-professionnel

L’analyse des expositions des salariés du secteur nucléaire a été étudiée pour l’essentiel dans le secteur civil. Notre projet vise à s’intéresser aux anciens salariés de l’Île Longue ayant travaillé dans le secteur militaire (maintenance et assemblage de missiles). Le projet exploratoire d’analyse d’un dispositif de suivi post-professionnel poursuit trois objectifs. Le premier de pouvoir connaître les conditions d’expositions des anciens salariés de l’Île Longue de Brest, le second objectif s’intéresse aux effets et au vécu des bénéficiaires ou pas du dispositif et enfin le troisième objectif souhaite entamer un travail de recensement des personnes ayant été exposés aux radiations avec la collaboration du collectif des Irradiés de l’Île Longue et la fondation Henri Pézerat. Ce travail bénéficiera des échanges et de l’expertise du Giscop93 en la matière afin de mieux cerner l’activité de travail et les conditions d’expositions et de reconnaissance de maladies professionnelles. L’ensemble de données récoltées, fera l’objet d’un examen sur le plan juridique pour examiner les règles en application dans de telles circonstances.

The analysis of the exposures of the employees of the nuclear sector was studied for the main part in the civil sector. Our project aims at being interested in the former (old) employees of the Ile Longue having worked in the military sector (maintenance and assembly of missiles). The exploratory project of analysis of a « suivi post-professional » follow-up pursues three objectives. The first one to be able to know the conditions of exposures of the old employees of the Ile Longue of Brest, The second objective is interested in the effects and in the real-life experience of the beneficiaries or not, Finally the third objective wishes to begin (affect) a work of census (inventory) of the people having been exposed (explained) to the radiations with the cooperation of the collective of the Irradiated of the Ile longue and the Henri Pézerat foundation.
This work will benefit from exchanges and from the expertise of Giscop93 on the subject to encircle better the working activity and the conditions of exposures and care of professional diseases.
The data set collected, will be the object of an examination on the legal plan to examine rules in application in such circumstances.
Coordination scientifique : Jorge MUNOZ

Chercheurs et/ou équipes participant au projet : DURAND-MOREAU Quentin, médecine, médecin du travail, CHU de Brest, LABERS EA 3149, HABLOT Cécile, Maître de conférences en Droit, CRDP EA 3881, UBO Brest, DAUBAS-LETOURNEUX Véronique, professeur EHESP, UMR 1085 IRSET, DELAMOTTE Julien, Docteur en droit, CNRS/UMR 6297 Droit et changement social, élève avocat, GHIS MALFILATRE Marie sociologue, CEMS/CNRS 8178 EHESS, Ater sciences Po Grenoble, MARCHAND Anne, sociologue, IDHES (UMR 8533) Université d’Evry/Lames Université de Marseille.

Durée 24 mois

Les mises à l’épreuve de l’Engagement au travail : analyse de deux situations de travail


Il n’est plus nécessaire d’attirer l’attention sur le développement des outils numériques au travail tant le bouleversement dû à l’usage de ces outils a été important. Si l’on prend simplement l’exemple de l’introduction de l’ordinateur, l’ensemble des catégories socioprofessionnelles est concerné par ce phénomène, certes à des degrés différents, mais aucune catégorie n’y échappe (Dares, 2013). Parmi les professionnels les plus touchés par ce phénomène, mentionnons les cadres et les ingénieurs. Selon les enquêtes, ces populations, non seulement emploient dans leur quotidien l’informatique, mais elles se caractérisent aussi par un suréquipement numérique. Ainsi les métiers occupant des postes hiérarchiques élevés sont particulièrement concernés par le développement du numérique.
Dans ces métiers, on trouve plus particulièrement l’ensemble de « métiers du numérique » qui sont doublement impliqués par le développement des nouvelles technologies. D’une part, ils sont parfois non seulement les premiers utilisateurs de ces dispositifs, mais également leurs concepteurs, et d’autre part, ils occupent de fonctions exigeant un engagement au travail important. À ce titre, cette population est particulièrement concernée par les usages (professionnels et privés) de ces outils dans un contexte de forte demande d’engagement au travail. Par ailleurs, les formes de travail et notamment d’emploi connaissent des évolutions considérables particulièrement grâce (ou à cause ?) de l’introduction des outils de travail sous forme numérique. En effet, l’apparition de ces nouvelles techniques s’accompagne également de l’émergence des « indépendants » ou de nouvelles formes de rapports au travail (Lallement, 2015). Les débats autour de l’introduction de plateformes de services ou de ce que l’on nomme l’ubérisation questionnent les modèles de la société salariale.

Ce projet s’inscrit dans le prolongement des projets déjà menés dans le domaine du travail (LeDuc et Munoz, 2015, Munoz, 2015). Le document se focalise sur un triptyque caractérisant le rapport à l’activité de travail autour de l’engagement, le plaisir et la passion au travail.

Le projet met en œuvre une démarche comparative et qualitative en proposant d’examiner ces dimensions auprès d’une « population classique » mais peu étudiée (les salariés des métiers du numérique) et une population aux statuts d’emploi indépendants (les autoentrepreneurs, indépendants des métiers du numérique).


Durée 10 mois

Coordination et réalisation : Karine Roudaut Ingénieure de Recherche LABERS et Jorge Munoz Maître de conférences LABERS

Anciens projets de recherche

Projet labellisé MSHB responsable MUÑOZ Jorge « : Les Agences Régionales de Santé : une nouvelle forme organisationnelle pour une nouvelle forme de régulation politique ? Etude exploratoire ». Avec Jourdain A. Ehesp, Michel H. Ehesp, Cormier M. Rennes 1, Lemoigne M. Doat M. et Hudebine H. UBO. Durée 2 ans (fin 2013).

Projet ANR Alter-Pro « Partages des espaces habités : vers des formes alternatives de propriété ». Programme Espaces et territoire édition 2010 N° ANR-10-ESVS-012-02. Responsable et coordination Denèfle S. MSH Tours, (comité de pilotage Roux N. Ars UBO, Lerousseau N. et Manson C.). Participation sur la thématique des coopératives. (terminé)

Projet MSHB « Les notions médico-légales du droit social » (responsable Marion Del Sol Pr Droit Rennes 1). Projet de recherche interdisciplinaire (juristes, sociologues et médecins du travail) sur la pratique médico-légale en droit social. Durée prévue 3 ans. Je coordonne la partie sociologique (observation, entretiens et questionnaires auprès des médecins du travail). (en cours)

Projet Socio-Agripest financé par l’appel APR ANSES 2012 coordonné par Nathalie Jas Ritme Inra. Durée 3 ans. Chargé de l’axe 2 « Production des savoirs institutionnels » avec Jean-Noël Jouzel CSO/CNRS.

 

MUÑOZ J. (Responsable du projet) avec DUMAS M. DOUGUET F., FAHMI Y. et RAYMOND A. 2010, « Accompagnement managérial des processus d’appropriation des outils de gestion par les équipes de professionnels et en lien avec les démarches qualité », Étude menée pour le compte de l’Haute Autorité de la Santé. 111 p.
Sous la Dir. De DOUGUET F. et MUNOZ J. (Coll. D. Leboul) « Post-enquête : conditions de travail à l’hôpital : Les effets de l’accréditation et des mesures d’amélioration sur la qualité des soins sur l’activité des personnels soignants » Étude menée pour le compte de la DREES durée 14 mois. Publication dans la série « Documents de travail : série étude » de la DREES 2005.
Dir. GUIOL P. (CRAPE/CNRS) et MUÑOZ J. (ARS/UBO), « Management et santé de salariés » 2006 Enquête financée par le Ministère de la recherche » 220 p.
MUÑOZ J,. (Sous la Dir) Assistants A. RAYMOND et D. BERTRAND, Janvier 2007, « Post-enquête : conditions de travail à l’hôpital exploitation statistique des données : les effets de l’accréditation», Document de travail, Collection Série études statistique, N° 112 Étude menée pour le compte de la DREES, 105 p. Publié dans la série études et statistique de la DREES.
GUIOL P. Dir. (CRAPE/CNRS) et MUÑOZ J 2006, « Management et santé de salariés » 2006 Enquête financée par le Ministère de la recherche » (ARS/UBO), 220 p.
BOUTET A., DONDEYNE C., LECONTE P., MUÑOZ J, TREMENBERT J. et JULLIEN N., 2007, « Panorama des usages TIC en France » enquête menée pour le compte de l’Observatoire des métiers de télécoms. En collaboration ARS/Marsouin, , mai 2007, 109 p.
MUÑOZ J. et PENVEN A.2007, « Gouvernance territoriale de l’économie sociale Politiques d’appui à l’économie sociale en région et impact local pour un développement solidaire ». Innovation sociale et le développement en économie sociale et solidaire délégation interministérielle à l’expérimentation sociale et l’économie sociale. Pour le ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement. Rapport mené conjointement avec le Collège Coopératif en Bretagne. Jorge Muñoz et Alain Penven, novembre 2007, 138 p.