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Semaine de la Recherche

L'intelligence artificielle a-t-elle besoin d'humanité ?

De 14h à 17h

Salle B001 - UFR Lettres et Sciences Humaines - 20 rue Duquesne, Brest

Les développements rapides de l’intelligence artificielle (IA) et les immenses possibilités offertes par cette méthodologie laissent prévoir des modifications profondes de notre cadre de vie, donc de notre vie aussi bien sociale que personnelle, mais cela peut parfois conduire à un sentiment de crainte vis-à-vis de l’IA. L’objet de cette après-midi est de proposer une réflexion pour essayer d’évaluer si les espoirs engendrés par l’IA contrebalancent les peurs et les changements de société qu’elle ne manquera pas d’entraîner.



Gaïd Girard - Une fiction de l’intelligence artificielle peut-elle être optimiste ?


Gaïd Girard a travaillé dernièrement sur les fictions du posthumain au sein du laboratoire Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image (HCTI), et a publié sur les cyborgs, les femmes augmentées et les robots au cinéma. Plus généralement, elle s'intéresse aux questions que les usages de l'intelligence artificielle posent sur l'humain.
Gaïd Girard est Professeure émérite à l 'UBO. Elle est spécialiste d'arts visuels et de littérature anglophones, et plus particulièrement du genre fantastique et de la science-fiction.


Alain Livartowski et Aurore Marcou - L’intelligence artificielle a-t-elle besoin d’humanité ?


Les champs immenses de l’application de l’IA laissent espérer de multiples retombées potentielles. Il existe encore de nombreux obstacles à lever techniques ou juridiques. Et surtout, la médecine de demain ne sera plus la même qu’aujourd’hui et se pose la question des sens divergents dans le rapport à l’Homme. L’IA est-elle là pour compenser les limites de l’Homme, pour faire mieux que lui ou encore pour le mettre à distance ? C’est en replaçant l’humain au cœur de cette réflexion et en posant la question du sens que nous pouvons mieux comprendre nos mouvements de fascination et de défiance.
Le Docteur Alain Livartowski est médecin à l’Institut Curie à Paris, membre de l’Institut du thorax, spécialisé dans les tumeurs thoraciques. Il a rejoint la Direction des data comme Directeur-adjoint, chargé de l’Ensemble hospitalier qui met en place les entrepôts de données à visée de recherche et d’évaluation des pratiques.
Médecin anesthésiste-réanimateur exerçant à la Fondation Rothschild à Paris, Aurore Marcou mène dans le cadre d’un master de philosophie un travail sur l’impact de l'IA dans le domaine de la médecine.


Véronique Aubergé - Le robot : selfie de l'homme en mal social ?


Par le robot qu'il fabrique, l'Homme pointerait-il le doigt sur lui-même à travers l'illusion empathique d'une machine miroir, perçue par l'Homme comme un autre de son espace social ?
Une question fondamentale est sans doute la raison de ce "désir" de robots, nous proposons qu'il révélerait peut-être une souffrance générique du sentiment d'isolement, au moment où simultanément les interactions sociales se décorporéisent et s'amplifient à travers les réseaux sociaux.
A travers quelques expériences nous illustrerons comment le leurre robot (dit social, compagnon, affectif, émotionnel...) serait potentiellement un outil de rééducation au lien pour renforcer la relation de l'homme à l'homme, ou à l'inverse une toxine addictive accélérant l'isolement. Nous discuterons de l'étendue des connaissances sur l'interaction et lien à explorer, découvrir et comprendre pour encadrer éthiquement et prédire les effets de l'intégration de robots dans notre espace social.
Véronique Aubergé est depuis octobre 2012 chercheure en Sciences Humaines et Sociales au Laboratoire d'Informatique de Grenoble (LIG). Ses travaux ont porté sur l’orthographe, la phonétisation, la prosodie, les émotions dans les interactions humaines avec des applications en synthèse vocale expressive et, plus récemment, sur les interactions socio-affectives avec la robotique sociale. Ses applications pour l’interaction personne-robot sont en particulier mises en œuvre pour les personnes fragiles.


Maxime Havez - Intelligence Artificielle : usage et enjeux pour le secteur bancaire

L'IA bouleverse le secteur bancaire en profondeur : cette nouvelle technologie est un moyen qui permet de repenser un bon nombre de processus, de tâches et de renforcer l'expérience client. Véritable levier de performance son adoption passe par une bonne compréhension matirise des impacts, des possibilités et du positionnement de l'on souhaite donner à ses services (d'IA) afin de tirer profit du meilleur de l'homme et de l'IA. Cela passe notamment par la distinction des métiers de l'IA, de la formation transverse au sein du groupe pour sensibiliser les collaborateurs et leur permettre de faire émerger de nouveaux usages.

Maxime Havez est responsable du département innovation & intelligence artificielle pour le groupe Arkea.