Vernissage jeudi 5 novembre de 18 à 20h.
Rez de chaussée de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de Brest.
Ronces est une série photographique documentaire consacrée à une ferme d'élevage laitier et de polycultures du centre Bretagne, active des années 1960 aux années 2000. À travers images et textes biographiques, le photographe P.-A. Hamann retourne sur les lieux de son enfance pour dresser le portrait d'un monde agricole en voie de disparition.
La série se déploie en trois temps :
- l'arrivée par la route et les abords du domaine familial
- l'intérieur de la maison, ses objets et ses habitants
- enfin les bâtiments agricoles, les anciennes stabulations et les équipements abandonnés.
Chaque partie est accompagnée d'un portrait, celui de la grand-mère, figure centrale du foyer, et celui du grand-père, incarnation d'un modèle agricole porté avec conviction tout au long d'une vie.
Le travail s'ancre dans l'intime pour ouvrir sur une réalité sociale plus large : celle des transformations profondes du monde rural breton sous l'effet de la modernisation agricole de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Les photographies, réalisées dans une lumière crépusculaire aux tons de terre, sont accompagnées de textes écrits dans une forme proche de l'oralité. Des objets, des documents et des photographies d'époque complètent l'exposition, auxquels s'ajoute la contribution de Léandre Mandard, doctorant spécialiste de l'histoire des modernisations agricoles et de l'histoire sociale du patois en Bretagne.
Un livre regroupant photographies et textes est en cours d'élaboration avec les éditions de Juillet.
Hors du temps, hors du monde. Tout semblait immuable. Le réveil avant l’aube, le café de
dix heures, le repas à treize et le film de vingt heures cinquante. Manger dos à la cheminée,
face à la télévision.
C’est dans ce paradis perdu que nous nous sommes construits. Là où passé et présent se
confondent. L’agriculture, c’est le travail qui devient une vie, qui s’y mélange et s’y dilue à
chaque instant. C’est une relation permanente où l’on se couche pour se lever le lendemain.
Notre enfance y a été bercée. La ferme nous a influencé, sculpté, appris le travail, construit
des souvenirs.
Une maison de famille qui nous a tous vu grandir. Un foyer qui s’éteint doucement, avec ses
trésors, avec ses histoires.
Aujourd’hui, le boulanger ne passe plus. C’était le dernier.
Les mauvaises herbes et les mulots gagnent du terrain. Les vaches sont parties. Les chiens
ont rongé ma vieille paire de bottes.Pierre-Alphonse Hamann