Crédit photo Licence Arts
Mobilité : circuler, penser, créer
Chaque année, plusieurs étudiant.e.s du département Arts choisissent de vivre une expérience à l’étranger, le plus souvent en Europe, parfois bien au-delà. Si les universités de Malte ou de l’Algarve à Faro (Portugal) qui, offrant déjà des équivalences avec les contenus de la licence Arts, font partie des destinations privilégiées, de nouvelles mobilités se sont récemment ouvertes jusqu’au Brésil.
L’UBO s’appuie sur un large programme d’échanges avec des partenaires internationaux et s’inscrit également dans un réseau solide grâce à l’alliance universitaire transnationale Sea-EU, qui rassemble plusieurs universités européennes situées dans des villes portuaires — Gdansk (Pologne), Split (Croatie), Kiel (Allemagne), et bien d’autres. Ensemble, elles développent des programmes culturels et scientifiques. Grâce aux BIP (Blended Intensive Programmes) de cette alliance, plusieurs étudiant.e.s de la licence Arts ont pu participer à des workshops artistiques : à Split en 2022, à Gdansk en 2023, à Brest en 2024 ou encore à Cadiz cette année — autant d’occasions de rencontres et de créations communes avec des étudiant.e.s d’universités étrangères.
Ces expériences d’immersion et de mobilité internationale sont souvent vécues comme de véritables leviers d’émancipation. Elles permettent aux étudiant.e.s d’affiner leurs projets, de renforcer leurs compétences et d’enrichir leur regard sur le monde.
Dans cette dynamique, le département Arts finalise actuellement un projet de double licence avec l’Université du Québec à Chicoutimi, porté par Jean-Manuel Warnet. Ce partenariat viendra renforcer les circulations transnationales et les collaborations artistiques entre nos établissements.
La mobilité et les relations internationales constituent aujourd’hui des critères essentiels d’évaluation des formations. Le département y répond également par la recherche-création, notamment à travers les travaux de Thibault Honoré au Japon, autour de la notion de catastrophe — un exemple fécond de dialogue entre art, recherche et monde.
Penser la mobilité, c’est aussi en reconnaître les contradictions. Tandis que l’université encourage les circulations transnationales, les frontières se referment ailleurs, imposant une violence institutionnelle et policière meurtrière à celles et ceux qui migrent par nécessité politique, économique ou climatique. Cette tension traverse nos réflexions et nos pratiques. Elle trouve un écho particulier dans la thèse d’Anthony Blanc, nouvel ATER (Attaché Temporaire d'Enseignement et de recherche) au département Arts : Filmer sa migration vers l’Europe : retournement de la stigmatisation médiatique et processus de subjectivation (2012–2020).
Mélanie Papin, co-directrice de la Licence Arts
SAIGAI
Dans la langue japonaise, le terme "Saigai" traduit l’idée de catastrophe et de désastre. SAIGAI est un projet de recherche et de création franco-japonais porté par l'Université de Bretagne Occidentale en collaboration avec l'Université Waseda, et réunissant les artistes Naoya Hatakeyama, Keiko Sasaoka, Thibault Honoré & Justine Maljak, Katsuhiro Miyamoto. L’objectif : étudier comment la notion de risque modifie l'attachement de la société japonaise à son environnement naturel.
Au Japon, l'omniprésence d'infrastructures préventives (mur anti-tsunami, abris anti-volcaniques, digues monumentales) rappelle que le pays est constamment exposé aux menaces naturelles. En matière de prévention des aléas environnementaux, le Japon ne parle d’ailleurs pas de culture du risque, mais de culture des catastrophes. Pour nombre de communautés affectées par ces catastrophes, il ne s'agit plus aujourd'hui de se protéger contre le danger, mais de trouver l'énergie nécessaire pour se relever rapidement après chaque sinistre. La préservation de la mémoire des catastrophes naturelles (édification de monuments commémoratifs, conservation de vestiges, programmation de commémorations) agit en ce sens comme une mesure à la disposition des communautés les plus vulnérables pour se reconstruire.
Comment le travail des artistes participe-t-il à la préservation et à la transmission de cette mémoire ? Cette question est au cœur du projet SAIGAI. Soutenu par différents musées et centres d'art, le travail des artistes de SAIGAI sera valorisé au travers d’une série d’expositions programmées conjointement en France et au Japon, en 2027 et en 2028.
Thibault Honoré, enseignant-chercheur en Arts plastiques
Partenariats avec le Québec
en enseignement et recherche
Du 26 mai au 12 juin derniers, Jean-Manuel Warnet a effectué une mission au Québec dans le cadre des mobilités internationales de l’UBO (Direction Europe International - Unité de Recherche HCTI).
Avec l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), il s’agissait d’affermir des liens de recherche déjà anciens, dans le domaine de la création littéraire. Jean-Manuel Warnet co-dirige depuis septembre 2021 un projet de recherche en création littéraire intitulé Littécriture, centré sur les « rives et rivages » et portant notamment sur une approche sensible des changements liés à l’anthropisation des milieux littoraux ; ce projet associe depuis le début des collègues québécoises, particulièrement pionnières dans l’intégration de la création littéraire dans les programmes d’enseignement et de recherche universitaires. Elles participent à un programme arts et sciences, avec des scientifiques de l’ISMER-UQAR, dit « Expédition bleue », et consistant à embarquer sur des bateaux scientifiques des professeures et des doctorantes en création littéraire, ce qui rejoint les implications de Jean-Manuel Warnet dans le domaine arts / sciences de la mer (co-direction du Groupe de Travail national SIAM – Sciences Arts Mer, au sein du Groupement de Recherche OMER (Océans Mer) du CNRS).
À Rimouski, la mission a essentiellement pris la forme d’une intervention dans un colloque inscrit dans la « Semaine bleue » (sur les océans) organisée par le gouvernement canadien: « Postures, enjeux et contraintes de la création sur le terrain, en amont de l’Expédition bleue 3 », et en l’animation d’un atelier de création littéraire « Écrire face à la mer », dans le cadre de Littécriture, sur la plage du Rocher blanc, rives du Saint-Laurent.
À Chicoutimi, il s’agissait d’avancer dans la mise en place d’un diplôme commun entre la Licence Arts de l’UBO et le Baccalauréat Interdisciplinaire en Arts (BIA) de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAR). Le principe en est le suivant : un.e étudiant.e d’une des deux universités qui suivra et validera une année complète d’enseignement (en principe la troisième) dans l’université partenaire sera titulaire des deux diplômes, la Licence Arts française et le BIA québécois. Jean-Manuel Warnet a rencontré à cette occasion les enseignants-chercheurs de théâtre et d’arts plastiques responsables du BIA, ainsi que les responsables des relations internationales de l’UQAR. Il a visité les magnifiques installations du Pavillon des Arts de l’UQAR, lesquelles font un peu rêver un universitaire français habitué à plus de précarité… On peut espérer que ce double diplôme prendra son envol à la rentrée universitaire prochaine, sinon à celle de 2027.
Anthony Blanc, ATER en cinéma
Anthony Blanc est ATER en cinéma à l’Université de Bretagne Occidentale. Docteur en études cinématographiques et audiovisuelles de l’Université Sorbonne Nouvelle (IRCAV), il consacre ses recherches aux représentations audiovisuelles des migrants depuis les années 2010. Sa thèse, intitulée Filmer sa migration vers l’Europe. Retournement de la stigmatisation médiatique et processus de subjectivation (2012-2020), explore la manière dont les pratiques filmiques des migrants reconfigurent les discours médiatiques dominants et participent à la construction de nouvelles subjectivités. Ses travaux s’inscrivent plus largement dans une réflexion critique sur le documentaire, les pratiques amateurs et les enjeux éthiques des médias.
À l’UBO, il enseigne l’histoire et l’esthétique du cinéma (du cinéma muet aux formes modernes et contemporaines), le film documentaire, ainsi qu’un TD interdisciplinaire sur les représentations éthiques et politiques des « acteurs sociaux » dans l’art et les médias. Il encadre également des ateliers et séminaires de recherche-création autour du clip et du faux documentaire.
Évènements à venir...
Filiations fantasmatiques :
faire tradition dans la création contemporaine
Journée d’études organisée par Mélanie Papin, Yann-Guewen Basset, Simon Le Doaré
Samedi 28 mars 2026, Au Quartz, Scène nationale de Brest
Avec le soutien du laboratoire HCTI, Héritage et Création dans le Texte & l’Image (UR 4249), la faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’UBO (Brest)
Cette journée d’étude s’appuie sur la programmation 2025-2026 du Quartz dans laquelle une ligne de force semble se dessiner : le dialogue entre création contemporaine et héritages traditionnels, qu’ils soient européens ou issus du Sud global. Les artistes explorant la possibilité d’un lien vivant entre passé et présent interrogent la mémoire, la transmission et la réinvention des répertoires dits « traditionnels », tout en dépassant les cadres habituels du postmodernisme pour proposer des filiations inédites et symboliques. Ces relectures du passé s’accompagnent d’enjeux complexes : appropriation, patrimonialisation, détournement ou fétichisation.
Rencontre avec Volmir Cordeiro
Au cours du mois de mars 2026, Volmir Cordeiro, chorégraphe, danseur et enseignant-chercheur brésilien, artiste majeur de la scène contemporaine, viendra à la rencontre des étudiant.e.s de la licence Arts.