Nous rapportons ci-dessous une déclaration de CGT – SUD – Union Pirate - FO faite au dernier CA relative à la répression que subie à l'UBO l'organisation étudiante "Le Poing Levé".
Déclaration liminaire CGT – SUD – Union Pirate - FO
Le président de notre université a affirmé dans le journal le Télegramme du 13/09, nous citons :"Nous considérons que l’université doit être le lieu de l’engagement, du travail sur l’esprit critique et de mobilisation sur des sujets sociétaux ". Nous sommes en accord avec ce regard de la fonction de l'université, notamment sur l'esprit critique et le droit à la mobilisation pour des faits sociétaux qui font partis de la vie universitaire.
Dans le même temps, la présidence de l'UBO vient de retirer le label "asso étudiante" au Poing Levé, ainsi que les avantages associés : plus de domiciliation dans les locaux de l’université, plus la possibilité d’utiliser gratuitement des salles pour y tenir des réunions, ne plus figurer dans l’annuaire des associations étudiantes, ne plus bénéficier des services du bureau de la vie étudiante, ne plus bénéficier de financements, des outils de communication, de soutien technique, de l’attribution d’un local. Cette décision a pour prétexte que cette association étudiante considère que l'UBO serait complice du génocide en Palestine par ses liens avec Thalès, et par là "ne serait pas de nature à préserver l’image de l’université et éviter de lui porter préjudice, directement et indirectement ».
Interdire à une organisation étudiante ses droits parce qu'elle s'est exprimée de façon critique sur la gouvernance de l'UBO c'est réduire le "travail sur l'esprit critique", pour reprendre les mots de notre président, uniquement à des positions sur lesquelles le président est en accord. En effet, toute critique de la gouvernance peut, de près ou de loin, être assimilée à un préjudice en termes d'image pour l'UBO.
Pour nous, l'UBO doit effectivement faire un travail sur l'esprit critique, et en premier lieu envers les étudiant·es. Dans cette perspective, l'UBO doit pouvoir assurer que les organisations étudiantes aient la libre expression dans le cadre du droit en vigueur, que l'on soit ou pas en accord avec ce que ces organisations étudiantes expriment.
Pour information complémentaire sur ce dossier, l'article incriminé par la présidence envers le Poing Levé est un article qui pose le constat des liens entre l'UBO et Thalès. Rappelons que Thalès est accusé par Amnesty International de crime de guerre au Yemen pour avoir fourni un système de guidage de missiles aux Emirats arabes unis et à l'Arabie Saoudite. Par ailleurs, rappelons que l'ONU considère que la guerre d'Israël à Gaza est un génocide et de ce fait, Amnesty International considère que les États ou entreprises qui vendent des armes à Israël, comme la France ou Thalès, sont susceptibles demain d'être accusés de complicité de crime contre l'humanité pour le génocide à Gaza.
Est-ce bafouer l'esprit critique et le droit d'expression libre que de questionner, comme l'a fait le Poing Levé, les liens que l'UBO a avec Thalès ? N'est-ce pas légitime de questionner les choix stratégiques de l'UBO en regard avec notre éthique universitaire ?
Ceci dit, on peut être ou pas en accord avec la forme et/ou le fond de l'article du Poing Levé, mais nous nous devons de respecter le droit à l'expression critique. Sinon, le droit d'expression, le droit à la critique, le droit à l'engagement pour des sujets sociétaux se résumeraient à ce que la présidence seule considérerait être ou pas légitime, c'est-à-dire l'exact inverse de la démocratie réelle.
Pour nous cette décision est la déclinaison locale de la répression des étudiants et de la réduction des libertés d’expressions et académiques actuellement à l’œuvre dans tout le pays et qui trouve son expression dans la loi relative à la lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur votée à l'Assemblée nationale le 2 juillet 2025 malgré l’opposition unanime des représentants des organisations syndicales de personnels et des organisations étudiantes exprimée par une motion de la commission permanente du CNESER le 20 mai 2025. Nous rappelons qu’en vertu de l’article L811-1, les étudiants « disposent de la liberté d'information et d'expression à l'égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels ».
Pour toutes ces raisons, nous demandons que l'UBO redonne tous ses droits au Poing Levé.