Le 8 mars, ce n’est pas la fête de LA femme, ni la fête des mères, c’est la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, une journée de grève féministe pour revendiquer et gagner l’égalité réelle – au travail et dans la vie. C’est aussi une journée de solidarité avec les femmes du monde entier et de lutte contre les idées d’extrême droite sexistes et patriarcales
Manifestations samedi 8 mars 2025
Brest, 15h, Place de Strasbourg
Quimper, 15h, Place de la résistance
Morlaix, 18h, Place des Otages, manifestation « bruyante et lumineuse »
Rennes, 15h, mail François Mitterrand
Pourquoi faut-il manifester le 8 mars?
Oppression des femmes au travail
Ecarts de salaires, temps partiels imposés, retraites amputées, violences sexistes et sexuelles, surcharge des tâches domestiques et familiales… Malgré des décennies de luttes, l'égalité entre les femmes et les hommes au travail est encore loin d'être une réalité.
Ensemble, il est possible de faire exploser la « boîte de verre » dans laquelle les femmes sont enfermées et qui creuse les inégalités, en s’attaquant :
- au « plancher collant », dû au temps partiel et à la précarité qui amène de nombreuses femmes à passer leur vie au Smic (56 % des personnes percevant le smic sont des femmes) ;
- aux « parois de verre », qui concentrent les femmes dans des emplois à prédominance de femmes dévalorisés et sous-payés ;
- au « plafond de verre » : même si elles sont de plus en plus qualifiées, les femmes occupent peu de postes à responsabilité ;
- au « plafond de mère », qui les discrimine sur fond de maternité réelle ou soupçonnée – on peut parler de « pénalité maternité » ;
- aux violences sexistes et sexuelles au travail et en dehors, qui sont un frein au maintien dans l’emploi, à l’indépendance et à l’autonomie : 30 % des salariées ont déjà été harcelées ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail. 70 % de ces victimes déclarent n’en avoir jamais parlé à leur employeur, et 40 % de celles qui parlent estiment que la situation s’est réglée en leur défaveur, par une mobilité forcée voire un licenciement.
Oppression des femmes dans la vie sociale
- Le manque de temps : 70 % des tâches domestiques et responsabilités familiales sont assumées par les femmes
- la précarité -26 % d’entre elles occupent des emplois à temps partiel
- l’absence de réel service public du soin et du lien tout au long de la vie impactent la vie professionnelle et privent les femmes d’un réel choix de carrière ou de temps de travail.
- La santé dégradée : Selon une étude de la Drees, les arrêts maladie ont plus fortement augmenté pour les femmes de tous âges entre 2010 et 2023 en raison de la grossesse, des conditions de travail, de la pénibilité ou encore de la double charge (professionnelle et domestique). Les femmes sont plus exposées aux troubles musculosquelettiques (TMS), aux troubles psychosociaux, aux risques organisationnels. Des risques invisibles et silencieux qui pèsent sur la santé des femmes.
- Le droit l’avortement et à la contraception toujours fragiles : cinquante ans après la loi Veil et malgré l’inscription de l’IVG dans la Constitution, de nombreux centres d’interruption volontaire de grossesse ferment, ce qui remet en cause l’accès à l’avortement et à la contraception. C’est pourtant la maîtrise de la maternité qui a permis aux femmes de gagner leur émancipation au travail et dans la vie.
- Les maux invisibilisés (pathologies menstruelles et ménopause) : de nombreuses travailleuses souffrent de règles douloureuses, d’endométriose. Pour elles, c’est la double peine : elles subissent des jours de carence lorsqu’elles sont obligées de se mettre en arrêt maladie.
Oppression des femmes par les idées réactionnaires
Quand l’extrême droite avance, les droits des femmes reculent. Partout dans le monde, des États-Unis à l’Argentine en passant par l’Italie, c’est l’alerte féministe qui doit sonner !
Derrière l’instrumentalisation des discours féministes à des fins racistes, le sexisme fait partie de l’idéologie conservatrice et réactionnaire des organisations d’extrême droite.
Leurs projets s’appuient sur une vision essentialiste des femmes et des hommes où la différence sexuelle « naturelle » nous assigne à des rôles sociaux, renvoyant les femmes à la maison et à la maternité.
Leurs propositions entérinent l’ordre patriarcal, le radicalisent.
Ces discours masculinistes se diffusent de plus en plus largement sans jamais être sanctionnés et entraînent une adhésion forte à des stéréotypes féminins, comme le stipule le dernier « État des lieux du sexisme en France » publié en 2024 par le Haut-Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.