Lundi 11 mai, un ancien étudiant de l'INP est convoqué au tribunal suite à 3 plaintes de la direction de l'INP. Ce qui lui est reproché : propos diffamatoires... parus dans un journal satirique tenu par des étudiant·es de l'ENIB.
Répression : vers une normalisation à l'UBO ?
Cette attaque sur le droit d'expression des étudiant·es à l'UBO n'est pas un fait isolé. En 2025, l'organisation étudiante Le Poing Levé s'est vu retirer son agrément d'association (cf communiqué intersyndical du 26/09/2025) sous prétexte d'un article attentant à l'image de l'UBO : Le Poing Levé dénonçait le partenariat UBO-Thalès (Thalès étant accusé de complicité de crimes de guerre par différentes ONG). En conséquence, Le Poing Levé a perdu tous ses droits d'association étudiante (local, subvention, organisation de réunions à l'UBO, ...).
A l'INP, deux mails dénonçant les partenariats de Thalès et Capgemini (entreprise très présentes à l'ENIB) envoyés sur les listes ont abouti à un rappel à l'ordre abusif du DG de l'INP.
Dans la même lignée politique, la semaine passée, le collectif RESSAC, qui se réunit depuis des mois à Segalen sur des sujets divers, s'est fait expulser manu-militari par le Directeur de l'UFR, le directeur du cabinet du président et des vigiles. Leur faute : se réunir dans une université pour discuter.
Ces attaques répétées, contre toutes opinions divergentes de la doxa officielle de l'UBO, cherchent à interdire tout débat contradictoire, pluralisme d'expression et in fine toute mobilisation sociale.
Autres illustrations en ce sens :
En septembre dernier, la faculté Segalen avait été fermée "préventivement" car une manifestation avait son parcours soi disant à proximité... alors qu'elle allait du Parc à Chaîne au port industriel. Rappelons les interventions de la Police pour déloger l'occupation de la faculté Segalen.
Le pompon revient à la direction de l'UFR LSH qui a fermé l'accès du parking de Segalen ce vendredi 1er mai "En raison des mobilisations prévues ce vendredi 1er mai" ; du jamais vu de mémoire de brestois·e.
- Au premier semestre 2025, les affiches appelant à la mobilisation contre la fermeture du RU du technopole ont été immédiatement retirées à l'ENIB.
La répression étudiante et l'érosion des libertés académiques : symptômes d'une démocratie malade.
La présidence de l'UBO applique avec zèle la volonté du gouvernement d'empêcher toute contestation et toute expression critique dans les universités. Ces pratiques abusives entrent en contradiction avec les déclarations du Président dans le Télégramme (13/09/2025) stipulant : "(...) que l’université doit être le lieu de l’engagement, du travail sur l’esprit critique et de mobilisation sur des sujets sociétaux ". Une communication qui n'est visiblement que de façade.
Les événements énumérés s'inscrivent plus largement dans un contexte préoccupant de censure et d'atteintes aux libertés académiques. Pour rappel, quelques faits marquants:
Beaucoup d'étudiant·es ont été verbalisé·es pour s'être mobilisé·es contre le génocide à Gaza (entre autres à Science Po Paris).
- un projet de loi vise à rendre passible d’amendes la moindre tentative de mobilisation des personnels ou des étudiant·es. dans les universités (lire ICI ).
le Collège de France a interdit un colloque sur la Palestine cet hiver.
- Une circulaire du 17 février permet dorénavant d'interdire toute réunion à caractère "politique" dans les universités.
Défendre la démocratie universitaire
Les universités doivent, plus que jamais, rester des lieux de valorisation de la pensée libre et critique et plus encore d'exercice du débat contradictoire. La préservation de ces espaces de confrontation à une pensée adverse est primordiale.
La liberté académique doit rester pleine et entière. Les étudiant·es et personnels, et au-delà toute la jeunesse, doivent pouvoir s'organiser et s'exprimer dans les universités sans crainte de répression.
Surtout, ces attaques à l'UBO et l'INP préparent la chape de plomb voulue par le pouvoir politique pour interdire demain toute contestation sociale de sa politique délétère.
Ce type de procédure bâillon qui nous émeuvent quand elles se passent aux USA doivent elles nous laisser indifférent·es quand elle se déroule sur le territoire brestois ?
Nous appelons donc à venir nombreuses et nombreux
lundi 11 mai 13 h devant le tribunal correctionnel de Brest (32 RUE DE DENVER)
pour ré-affirmer le droit à la liberté d'expression et d'organisation à l'UBO et en France.
un préavis de grève a été déposé pour permettre à toutes et tous de participer à ce rassemblement.