Appel à communications

Le
À 09h00
Perugia et Brest
perugia-brest

Appel à communications

Colloque international

« Politiquer » par lettre 

 

Perugia, les et 9 octobre 2026 (Università degli Studi di Perugia – Département de Sciences Politiques) 

et

Brest, les et 2 avril 2027 (Laboratoire CECJI – Centre d’études des correspondances et journaux intimes  – Université de Bretagne occidentale)

 

 

La lettre ne constitue pas seulement un vecteur de communication politique : elle en est l’un des laboratoires historiques. Dès la Renaissance, les manuels épistolaires révèlent combien l’écriture des lettres participe à la gestion des affaires d’État, à la négociation diplomatique et à la construction de l’autorité. À la fois espace de confidence et instrument stratégique, la lettre se situe au point de tension entre sphère privée et action publique. Lettres de conseils, lettres de recommandation, lettres de conciliation, de demande de protection ou lettres de louange : les modèles proposés par les manuels épistolaires témoignent des normes discursives à l'œuvre dans la construction des interactions sociales. 

L’histoire culturelle de la correspondance a été profondément renouvelée ces dernières décennies, qu’il s’agisse des travaux de Roger Chartier sur les pratiques de l’écrit, d’Armando Petrucci sur la culture graphique, de Daniel Roche sur les sociabilités, ou encore des études consacrées à la rhétorique et à la poétique de la lettre (Janet Gurkin Altman, Bernard Bray, Geneviève Haroche-Bouzinac). Parallèlement, l’histoire des concepts politiques (Reinhart Koselleck), les recherches sur les transferts culturels (Michel Espagne) et l’analyse du discours politique (Patrick Charaudeau, Dominique Maingueneau) ont mis en lumière le rôle central des formes langagières dans la structuration des espaces publics modernes. 

Cependant, instrument d’alliance et de mobilisation, espace de débat politique, ainsi qu’outil d’affirmation de l’autorité, la lettre politique demeure souvent abordée soit comme source documentaire, soit comme objet littéraire, plus rarement comme espace de production discursive du politique, où se construisent : des formes d’autorité et d’ethos, des communautés d’appartenance, des circulations lexicales et conceptuelles, des stratégies de persuasion et de légitimation. En outre, les relations franco-italiennes – particulièrement fécondes à l’époque moderne et contemporaine – invitent à une analyse fine des phénomènes de traduction, de transfert et de re-sémantisation du lexique politique. La lettre apparaît ainsi comme un lieu privilégié d’observation des dynamiques transnationales.

Ce colloque propose d’explorer, dans une perspective diachronique, la manière dont l’épistolaire ne reflète pas simplement le politique mais contribue à le produire. Il réunira des spécialistes et des jeunes chercheurs et chercheuses afin de mettre en lumière la place de la lettre comme genre discursif majeur dans l’histoire des idées et des luttes politiques. 

Les axes de communication suivants seront privilégiés, sans être exclusifs : 

  • théories et pratiques de l’écriture épistolaire politique ;

  • lettres et pouvoir : formes d’autorité, persuasion et stratégies de communication ;

  • correspondances, réseaux et circulation des idées politiques entre France et Italie, et au niveau européen et international ;

  • ambiguïtés du discours épistolaire (privé/public, intime/collectif, confidence/propagande) ;

  • langue, lexique et style ;

  • héritages et prolongements contemporains : de la lettre politique aux médias numériques.

 

Une attention pourra être portée à la dimension comparative, notamment entre les traditions française et italienne, tout en ouvrant la réflexion à d’autres contextes européens et aux résonances contemporaines de l’écriture politique (réseaux sociaux, tweets).

 Le colloque est ouvert à tous les chercheurs et à toutes les chercheuses de toutes disciplines.

 

Format des présentations

Les présentations seront d’une durée de 20 minutes. Les langues des communications seront le français et l’italien.

Modalités de soumission

 

Les propositions de communication (titre et résumé de 300-400 mots) sont à envoyer avant le 15 juin 2026 à :

 

politiquer.par.lettre@gmail.com 

 

Calendrier

Jusqu’au 15 juin 2026 – réception des propositions ;

Avant le 30 juin 2026 – communication des propositions retenues.

L’organisation prend en charge une nuitée et un repas pour les intervenants.

Une publication des actes, en langue française, est prévue en 2028, après évaluation en double aveugle.

 

Comité scientifique

 

Marianne CHARRIER-VOZEL, Université de Bretagne Occidentale et de Rennes

Fabio FORNER, Università di Verona

Claudio GRIMALDI, Università degli Studi di Napoli “Parthenope”

Sophie GUERMÈS, Université de Bretagne occidentale / Institut universitaire de France 

Youenn LE PRAT, Université de Bretagne occidentale 

Francesca PISELLI, Università degli Studi di Perugia

Fausto PROIETTI, Università degli Studi di Perugia 

Paola PUCCINI, Università di Bologna

Giuseppe SCIARA, Università di Bologna, 

Nicoletta STRADAIOLI, Università degli Studi di Perugia

Rotraud von KULESSA, Université d’Augsburg

Maria Teresa ZANOLA, Università Cattolica del Sacro Cuore, Milan, Accademia della Crusca

 

Comité d’organisation

Marianne CHARRIER-VOZEL, Université de Bretagne Occidentale et de Rennes

Francesca PISELLI, Università degli Studi di Perugia

Fausto PROIETTI, Università degli Studi di Perugia