Né en 2016, Les Mardis de la contemporaine est un séminaire porté par des chercheurs du Centre de recherche bretonne et celtique (UR 4451). Il se veut un lieu d’apprentissage, de réflexion et d’échange sur une thématique abordée dans une perspective contemporaine. Cette thématique, choisie pour une durée de trois ans, fait l’objet de 12 rencontres réunissant des étudiants de licence et de master, des doctorants, des enseignants-chercheurs et celles et ceux qui y sont intéressés. Après un long focus (2016-2018) dédié à la tradition, le fil rouge retenu pour les années 2019-2022 a porté sur la croyance avant que nous ne nous intéressions dans une dimension plus épistémologique à ces objets qui résistent (2022-2025).
L’équipe des Mardis
Bénédicte Havard-Duclos (sociologue), Mickaël Lavaine (juriste), Laurent Le Gall (historien), Youenn Le Prat (historien), Léa Sénégas (politiste), Mannaig Thomas (sociolinguiste), Pierre-Édouard Weill (sociologue)
Quatrième cycle (2025- ) : « Objets-frontière, objets à la frontière »
L’acte 4 dévie de la trajectoire précédente. Porté par une équipe étoffée, le séminaire fera partie intégrante de la formation des 35 étudiants de la première promotion de la licence de science politique qui s’ouvre à l’Université de Brest en septembre 2025. L’idée est que dès leur entrée à l’Université, les étudiants puissent être confrontés à des sciences sociales en train de se faire, mouvantes, vivantes, ductiles.
L’intitulé retenu est volontairement large : Objets-frontière, objets à la frontière. On aura reconnu un clin d’œil à l’article célèbre de Susan Leigh Star et James R. Griesemer (« Institutional Ecology, 'Translations' and Boundary Objects: Amateurs and Professionals in Berkeley's Museum of Vertebrate Zoology, 1907-39 », Social Studies of Science, vol. 19, n° 3, 1989, p. 387-420). Clin d’œil, en effet, car il ne s’agit pas de prolonger la feuille de route proposée par les deux chercheurs, mais de donner à réfléchir, par extension ou par métaphore, à la définition que donne Susan Leigh Star dans une contribution où elle revient sur la genèse d’un concept qui a fait florès (« Ceci n’est pas un objet-frontière ! Réflexions sur l’origine d’un concept », Revue d’anthropologie des connaissances, vol. 4, n° 1, 2010, p. 18-35) : « Les objets-frontière sont un arrangement qui permet à différents groupes de travailler ensemble sans consensus préalable » (p. 19). Au fond, les questions posées in fine sont de cet ordre : comment des acteurs inscrits dans des mondes sociaux différents arrivent-ils à articuler des points de vue différents ? Comment sommes-nous en capacité de créer des compréhensions communes sans perdre la diversité des mondes sociaux ?
On l’aura compris : ces quelques éléments ne valent que comme premier jalon. C’est au cours des échanges que nous aurons l’occasion d’affiner la proposition et de comprendre si et à quel prix ces objets-frontière, objets à la frontière peuvent être aussi des objets qui résistent.
Les ateliers à venir
Atelier n° 2
L'invité de la séance du 3 mars 2026 sera :
- Mickael Lavaine, maître de conférences en droit public, UBO : "La monnaie peut-elle être un objet juridique ? Réflexions sur le langage de la dette publique de la Première Guerre mondiale."
Atelier n° 3
L'invitée de la séance du 11 mars 2026 sera :
- Chloé Pathé, directrice éditoriale, Éditions Anamosa : "Éditer en sciences sociales."
Atelier n° 4
L'invité de la séance du 17 mars 2026 sera :
- Thomas Aguilera, Maître de conférences en science politique à Sciences Po Rennes : "Aux frontières de l’action publique : présentation de trois recherches sur des wicked problems (illégalismes, plateformes, feux de forêts)".
Les ateliers précédents
Atelier n° 1
L'invitée de la séance du 21 octobre 2025 sera :
- Julie Madon, sociologue : "Faire durer les objets. Pratiques et ressources dans l'art de déconsommer"