Le poisson et l’Atlantique, approches sociales et environnementales, discours et représentations

Du au
Pôle universitaire Pierre-Jakez Hélias, Quimper
Journée d'études Le poisson, acteur de la construction sociale,  culturelle et territoriale de la Bretagne

Les journées de colloque se tiendront à Quimper sur le site universitaire Pierre-Jakez-Hélias, les 17, 18 et 19 juin 2026.

Thématique

L’Atlantique, à l’image de tous les océans, est soumis à des transformations de ses milieux de vie, portées par l’intensification des activités anthropiques qui y produisent ressources alimentaires, énergies, sables et minerais, en augmentant les liaisons en surface (échanges commerciaux de marchandises, de touristes, pratiques de loisirs et de performance sportive), comme ses usages en profondeur (câbles, extractions minières, pollutions). Les conséquences des changements climatiques se lisent aussi dans les transformations des milieux marins et littoraux, dans les mouvements des espèces marines qui migrent à travers l’Océan, suivant les masses d’eau, bouleversant les écosystèmes autochtones (où sont les petits pélagiques ? retour du thon rouge, gélification de certaines mers, …).    

En choisissant de faire le lien entre le poisson (espèces marines en général) et les espaces de l’Atlantique, le temps de réflexion et d’échanges que nous proposons permettra de souligner l’empreinte que la présence, le prélèvement, la production, la transformation, les échanges et la consommation du poisson laissent dans les lieux et dans les organisations humaines. En partant de la Bretagne (journée d’études de juin 2024, Le poisson, acteur de la construction sociale, culturelle et territoriale de la Bretagne), où les activités halieutiques marquent autant les paysages que les sociétés, nous souhaitons élargir le regard à l’ensemble des espaces atlantiques du nord au sud, tant autour des mers et côtes européennes et africaines que mers et côtes américaines. Il s’agit de remettre l’océan à sa juste place, au centre. En changeant d’échelle, ce sont d’autres regards, d’autres approches qui donnent à comprendre la place prise par l’activité halieutiques, tant dans la distribution des espèces, dans leur mode d’exploitation, de consommation, que dans leurs représentations actuelles et anciennes.
Un siècle après les revendications sociales et politiques portées par les ouvrières des conserveries de la Bretagne sud, ce colloque permettra en particulier de présenter les recherches en sciences humaines, sociales et environnementales sur la place du poisson tant par ses usages et ses représentations que dans l’organisation politiques, sociales, culturelle et économique des espaces atlantiques, de l’Antiquité à nos jours.

Les espèces vivantes marines sont exploitées depuis que les humains sont installés sur les rivages. Le poisson peut être un marqueur archéologique et historique de la présence de sociétés ichtyophages, indicateur d’échanges entre territoires, de créations d’aménagements littoraux et d’espaces portuaires, d’organisations sociales et communautaires ainsi que de représentations culturelles voire cultuelles. La pêche comme l’aquaculture, d’abord vivrière puis commerciale, ont pris un essor avec le développement des activités capitalistes et la globalisation des échanges, qui peut se lire dans les territoires et aussi se traduire par des représentations artistiques.

À travers l’exploitation des espèces marines, ce sont des usages qui se sont construits marquant tant les paysages que les sociétés. La pêche laisse des empreintes non seulement dans des lieux (ports, usines, chantiers, …), dans les modes d’organisation sociale qui s’inscrivent dans des continuités (ce qu’on désigne parfois rapidement par le terme de « traditions ») et aussi de ruptures liées à des transitions, parfois écologiques, souvent économiques et sociales. Une mise en perspective centrée sur les espaces atlantiques, regardés à différentes époques, à travers les sciences sociales et environnementales, peut ouvrir des chemins d’analyse et accompagner les changements que vivent les sociétés maritimes notamment les liens entre humains et entre humains et non-humains.

Dans le cadre de l’axe 3 du CRBC, « Conscience(s) du maritime », ce colloque international veut poursuivre la mise en visibilité des recherches portant sur la mer en nous inscrivant dans les manifestations scientifiques et culturelles organisées pour l’Année de l’Océan.
Nous souhaitons ainsi présenter les recherches en sciences humaines et sociales sur la place du poisson et des produits de la mer comme acteurs de la construction sociale, culturelle, politique, territoriale, voire identitaire de territoires de l’Atlantique.

C’est à travers les empreintes que laissent dans les lieux et les organisations humaines la présence, le prélèvement, la production, la transformation, les échanges, les consommations et usages des espèces marines vivantes que nous proposons d’organiser les présentations :

Empreintes paysagères

  • Paysages des ports et des rivages de l’Atlantique
  • Villes et port de pêche, évolution des fonctions urbaines
  • Le monde de la pêche dans les œuvres picturales et sculpturales iconographiques (peintures, sculptures, photographies…)

Empreintes sociales et politiques

  • Les hommes, les femmes, les enfants et le travail de la pêche
  • Des revendications sociales aux transformations politiques
  • La formation des pêcheurs, de l’exploitation de la ressource à la protection des milieux

Empreintes culturelles

  • La consommation du poisson marqueur régional et/ou local
  • Présence de la pêche et des poissons dans les musées et les collections publiques/privées
  • Religions et consommation, le sacré et le poisson
  • Le poisson, élément de l’identité du monde atlantique

Empreintes animales

  • Le poisson, évolution linguistique de sa dénomination
  • Le respect de l’animal pêché, du chalut à la graciation
  • De la pêche de subsistance à la pêche de loisir
  • Changement des milieux, une espèce disparait, une espèce apparait
  • La représentation des espèces marines dans les production et expression artistiques

Bibliographie indicative

  • BARATTA Yveline, 2022, « La morue, un poisson à l’échelle du monde », L’Histoire à la BnF, https://doi.org/10.58079/vy2v
  • BÉAREZ Philippe, GROUARD Sandrine, CLAVEL Benoît (dir.), 2008, Archéologie du poisson. 30 ans d'archéo-ichtyologie au CNRS. Hommage aux travaux de Jean Desse et Nathalie Desse-Berset, (actes des XXVIIIe Rencontres internationales d'Archéologie et d'Histoire d'Antibes et XIVe conf. ICAZ), 2008, 424 p. - Actes des Rencontres Internationales d'Archéologie et d'Histoire et d'Antibes
  • BOUCHARD Jack, 2023, « Terra Nova, cartes mentales de l’Atlantique nord-ouest au XVIe siècle », Annales. Histoire, sciences sociales, 2023/2 (78e année) p. 297-331.
  • BOUVET Yvanne, 2021, « Souverainetés et espaces maritimes : le rôle de la pêche en Atlantique sud-ouest », Cahiers des Amériques latines, n°96, p. 195-220, https://journals.openedition.org/cal/12894
  • CASSARD Jean-Christophe, 2015, Les Bretons et la mer, Presses Universitaires de Rennes, 204 p.
  • CLOUETTE Fabien, 2023, « D’un opportuniste, l’autre : bricolage et structuration face à "l’invasion" des poulpes de 2021 sur le littoral breton », VertigO 23, no 3, https://www.erudit.org/fr/revues/vertigo/2023-v23-n3-vertigo09549/1113471ar/#id
  • GRANCHER Romain, 2023, « Histoire et historiographie des mondes de la pêche à l’heure du tournant océanique », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2023/2, 78e année, p.215-229, https://shs.cairn.info/revue-annales-2023-2-page-215?lang=fr
  • LE BOUEDEC Gérard, GEISTDOERFER, Aliette, PLOUX François, CERINO Christophe, 2004, Entre Terre et mer, Sociétés littorales et pluriactivités (XVe– XXe siècle), Presses universitaires de Rennes, 400 p.
  • LE DÛ Jean, 2009, « Thésaurus des noms de poissons d’animaux marins et du bord de mer des côtes de Basse-Bretagne », La Bretagne Linguistique, n° 14, p. 69-79, https://doi.org/10.4000/lbl.2531
  • LE FLOC’H Pascal, WILSON James R, 2019, « Une approche néo-institutionnaliste des systèmes de gestion des pêches en Europe et en Amérique du Nord », Natures Sciences Sociétés, 2019/3, Vol. 27, p. 297-309.
  • LOCHER Fabien, 2018, « L’océan en communs. Épuisement des ressources, appropriation et communautés », Annales des mines – responsabilité et environnement, n° 4, p. 10-13.
  • PENCALET-KERIVEL Françoise, 2012, « La pêche langoustière française sur les côtes d’Afrique de l’ouest : innovations et adaptations face aux mutations du 20e siècle », Revue d’Histoire maritime, n°15, p. 265-285.
  • ROCHELOIS LE CORNEC, Cécile, 2022, « À la recherche des catégories ichtyologiques médiévales : les séries de poissons dans les livres alphabétiques latins du XIIIe siècle », RursuSpicae, https://doi.org/10.4000/rursuspicae.2413
  • ROPARS-COLLET Carole et al., 2015, « La pêche professionnelle est-elle un facteur d’attractivité récréative sur le littoral ? », Revue économique, Vol. 66, p. 729-754.
  • ROS Nathalie, 2020, « De l’appropriation publique à la privatisation des espaces maritimes et des leurs ressources », Annuaire français des relations internationales, Vol XXI, Université Panthéon-Assas, p. 615-628.
  • VIAULT, Ch., 2024, « Du vivier à la grande salle : pour une lecture environnementale du phénomène castral (Xe-XVe siècle) », Environnement et sociétés au Moyen Âge, édité par Société des historiens médiévistes de l’Enseignement supérieur public, Éditions de la Sorbonne, https://doi.org/10.4000/12lo1

Quatre sessions de communications (30 minutes de présentation) sont envisagées ainsi qu’une présentation de poster (format A0).

Modalités et calendrier

Les propositions de communication orale pourront être rédigées en français, en espagnol ou en anglais et devront contenir les informations suivantes :

  • Les nom, prénom et adresse e-mail du/de la chercheur·e ;
  • Les université et laboratoire de rattachement ;
  • Une courte notice bio-bibliographique du/de la chercheur·e ;
  • Le titre envisagé de la communication ;
  • Un résumé de 1 500 signes maximum précisant le contenu de la communication proposée.
    Les communications sont à privilégier en français.

Les propositions de poster doivent être rédigés en français et devront contenir les informations suivantes :

  • Les nom, prénom et adresse e-mail du/de la chercheur·e ;
  • Les université et laboratoire de rattachement ;
  • Une courte notice bio-bibliographique du/de la chercheur·e ;
  • Le titre envisagé de la communication ;
  • Un résumé de 1 500 signes maximum précisant le contenu du poster proposé.
    Les posters sont à privilégier en français.

Les propositions sont à envoyer à : crbc-axemaritime@univ-brest.fr

La date limite impérative de soumission des propositions est fixée au 15 février 2026

Le comité organisateur fera un retour pour la fin mars 2026.

Comité organisateur

Organisation : Julien Bachelier et Yvanne Bouvet
Centre de Recherche bretonne et celtique, Université de Bretagne occidentale.
Contact : crbc-axemaritime@univ-brest.fr

Appel à communication PDF