Santé mentale : focus sur les formations, la recherche et les démarches de prévention conduites par l’UBO

Le
Journée mondiale de la santé mentale
santé mentale

Chaque année, le 10 octobre, se tient la journée mondiale sur la santé mentale. En octobre également a lieu la 36è édition des Semaines d’information sur la santé mentale. L’occasion de faire le point sur les démarches de prévention et d’accompagnement des étudiants, étudiantes et personnels mis en place à l’UBO, les enseignements qui y sont conduits pour former les futurs professionnels de la santé mentale et les travaux de recherche qui y sont menés pour faire avancer la connaissance et les savoirs sur ce véritable enjeu de santé publique. 

Dossier mis à jour au 6 octobre 2025

Depuis la crise sanitaire de Covid-19, toutes les études, menées notamment par Santé Publique France, font le même constat : la santé mentale s’est détériorée depuis 2020 au sein de la population française. A ce jour, les indicateurs restent encore très préoccupants, même si les causes ne sont plus aujourd’hui forcément liées à la crise sanitaire de Covid-19. Les jeunes de 15 à 24 ans, les femmes et les personnes en situation précaire sont particulièrement concernés par les troubles de la santé mentale. C’est pourquoi en 2025, la santé mentale a été désignée Grande Cause nationale. 

Former les futurs professionnels de santé du territoire pour répondre aux demandes croissantes de la population, conduire des recherches de pointe pour faire avancer la connaissance et mettre en œuvre des démarches d’information, de sensibilisation et de prévention constituent ainsi des leviers cruciaux pour faire face à cet enjeu de santé publique majeur. Des leviers auxquels contribuent fortement l’UBO sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Quelques données clés :

  • 13 millions de personnes présentent un trouble psychique chaque année en France. Et ce, sans distinction de milieu social ou d’âge : enfants et adolescents sont également concernés. 3 millions de personnes vivent avec des troubles psychiques sévères (données SPF).
  • Plus généralement, 53 % des Français disent avoir été en souffrance psychique au cours des douze derniers mois, selon l’Ifop.
  • 36% des Français déclarent que le stress a perturbé leur vie à plusieurs reprises au cours de l'année passée.
  • Environ 25% des Français se sont sentis déprimés pendant plusieurs semaines au moins au cours de l'année précédente, un chiffre qui atteint 31% au sein de la génération Z
  • Chaque année, environ 200 000 personnes font une tentative de suicide et 9 200 en décèdent, le suicide s’avérant la première cause de mortalité chez les personnes âgées entre 25 et 34 ans.
  • La santé mentale reste pourtant un sujet considéré comme tabou par 70 % des Français.

L’UBO est pleinement mobilisée depuis de nombreuses années pour informer, prévenir et accompagner étudiants, étudiantes et personnels dans le domaine de la santé mentale. Plusieurs dispositifs sont ainsi mis en place au Service de Santé Universitaire (SSU), au Service Universitaire des Activités Physiques et Sportives (SUAPS) ainsi que dans d’autres services de l’UBO.

L’UBO prend soin de ses étudiants et étudiantes depuis longtemps. Faire des années universitaires les plus belles années d’une vie fait en effet partie de nos missions fondatrices. Nous avons ainsi travaillé à la structuration de nombreux dispositifs déployés à l’université pour apporter ce soutien à la santé mentale de notre communauté étudiante. Cela passe à la fois par l’augmentation des effectifs de psychologues au sein du SSU, par la mise en œuvre d’un schéma directeur de la vie étudiante où le soutien à la santé mentale est centrale, ainsi que par l’ouverture depuis septembre 2025 d’une maison sport santé universitaire pour proposer des parcours personnalisés et adaptés aux besoins de nos étudiants et étudiantes.” 
Nelly Kervarec, vice-présidente Vie de campus et Qualité de vie et conditions de travail

Information, sensibilisation, prévention et accompagnement des étudiants et étudiantes

Au Service de Santé Universitaire (SSU) de l’UBO, psychologues, médecins et infirmiers ainsi qu’une chargée de prévention en santé mentale reçoivent chaque jour les étudiants et étudiantes et les accompagnent tout au long de leur parcours universitaire.

L’engagement de l’UBO en matière de prise en charge de la souffrance psychique des étudiantes et étudiants est tout à fait remarquable. En 4 ans, nous avons en effet augmenté nos effectifs de psychologues pour répondre aux besoins de nos usagers , avec notamment un renfort de deux postes à temps plein sur le site brestois qui est désormais constitué d’une équipe de 4 personnes, et un poste à mi-temps à Quimper alors qu'auparavant, il n’y avait qu’un poste à 20 %. Nous avons de plus initié une prise en charge psychologique d'une demi-journée par semaine à Morlaix. Nous avons obtenu un poste de chargé de prévention en santé mentale effectif depuis septembre 2023. Le service de santé des personnels n’est pas en reste, il s'est vu doté, en 2023, d’un temps supplémentaire de psychologue du travail.” 
Yvette Le Goff, Responsable administratif et financière du SSU

Prévention en santé mentale

La chargée de prévention en santé mentale du SSU propose aux étudiantes et étudiants de l’UBO des rendez-vous individuels et collectifs. Elle met en œuvre des actions de sensibilisation et d'information ainsi que des formations sur la santé mentale tout au long de l'année dans les différentes composantes de l'UBO. Elle propose des outils et des ressources concrets aux étudiants et étudiantes pour prendre soin de leur santé mentale. 

>En savoir + : https://www.univ-brest.fr/service-sante-etudiant/fr/page/prevention-en-sante-mentale

A l’occasion des Semaines d’information sur la santé mentale, événement national organisé depuis plus de 30 ans, le SSU organise 3 temps forts pour les étudiants et étudiantes (sur inscription) :

  • Le 7 octobre - Atelier “prends soin de toi” : pour apprendre à se détendre et à préserver sa santé mentale, avec une psychologue du SSU et une enseignante du SUAPS.
  • Le 13 octobre - De 14h00 à 17h00 dans la salle A020 de la faculté FSSE - Fresque de la santé mentale : 3 heures pour construire/ déconstruire ses représentations sur la santé mentale, comment en prendre soin et repérer les signes de sa dégradation.
  • Le 15 octobre - Bibliothèque vivante : les étudiants pourront “consulter” des livres vivants, incarnés par des témoins ayant vécu des troubles psychiques.

En savoir plus :  https://www.univ-brest.fr/service-sante-etudiant/fr/actualite/semaine-dinformation-en-sante-mentale-de-lubo-2025

Formation aux premiers secours en santé mentale

Toute l'année, des sessions de formation aux premiers secours en santé mentale sont également organisées gratuitement à destination des étudiantes et étudiants. Objectif : former des secouristes capables de mieux repérer les troubles en santé mentale, d’adopter un comportement adapté, d’informer sur les ressources disponibles, d’encourager à aller vers les professionnels adéquats et, en cas de crise, d’agir pour relayer au service le plus adapté.

La première session de formation de l’année universitaire 2025-2026 se tiendra à Brest les 28 et 29 octobre 2025. 

>En savoir + : https://www.univ-brest.fr/service-sante-etudiant/fr/actualite/formation-secouriste-en-sante-mentale-pssm-standard

Gestion du stress avant les examens…

La période des examens est un moment essentiel pour l’accompagnement en santé mentale auprès des étudiantes et étudiants.

Au service du bien-être des étudiants et étudiantes

Les activités physiques et sportives et de relaxation proposées par le Service Universitaire des Activités Physiques et Sportives (SUAPS) aux étudiantes, étudiants et personnels participent au bien-être dans son corps, dans sa tête et avec les autres. En période d’examens, le SUAPS organise des après-midi bien-être pour se détendre et prendre soin de soi, ainsi que des stages bien-être gratuits pour la communauté étudiante.

“Prendre soin de sa santé mentale, cela passe aussi par le corps et l’activité physique et sportive. On agit par des outils de respiration, le yoga, la méditation pleine conscience pour se connecter à ses ressentis corporels.” 
Cathy Guivarch, enseignante en EPS au SUAPS.

Le SSU organise aussi pour les étudiantes et étudiants des séances individuelles de bien être : massages, hypnose, réflexologie, ateliers collectifs de sophrologie, etc.

En savoir + : https://www.univ-brest.fr/service-sante-etudiant/fr/page/bien-etre

Une habilitation “Maison sport santé” pour le SUAPS

Le Service Universitaire des Activités Physiques et Sportives (SUAPS) de l’UBO a reçu une habilitation de l’ARS pour devenir une “Maison sport santé” (MSS). La MSS universitaire “UBOuge” du SUAPS, créé en collaboration avec le SSE (Service universitaire ou interuniversitaire de santé étudiante), le SAS (Service à besoin spécifique) et la FSSE (Faculté des sciences du sport et de l’éducation), va proposer un parcours adapté et personnalisé pour les étudiants, étudiantes et les personnels ayant besoin d’un accueil et d’un encadrement spécifique pour reprendre une activité physique ou sportive en parallèle de leurs études et de leur travail. Ce dispositif s’adresse auxpersonnes en situation de handicap, atteints d’une maladie chronique ou éloignés de la pratique d’activités physiques et sportives, …

> En savoir + : https://www.univ-brest.fr/suaps/fr/page/maison-de-sport-sante-universitaire

Ateliers de médiation animale

Tous les mercredis du mois de novembre, à la BU du Bouguen, le SSU met également en place des ateliers de médiation animale gratuits, en collaboration avec l’association 1001 pattes. Chiens, lapins ou encore cochons d’inde aident en effet les étudiantes et étudiants à relâcher la pression et à les réconforter. Ces ateliers de médiation animale rencontrent chaque année un grand succès. Les dates des ateliers sont à découvrir prochainement sur le site Web du SSU.

Les Étudiants Relais Santé

Formés et encadrés par une chargée de prévention, des Étudiants Relais Santé (ERS) organisent des actions de prévention pour gérer son stress avant les examens. Chaque année universitaire, 10 étudiants issus de cursus variés sont recrutés pour intégrer ce dispositif. Les ERS sont aussi mobilisés sur d’autres thématiques telles que la sexualité, le sommeil, l’alimentation, ou encore les conduites addictives. > En savoir + :  https://www.instagram.com/ers_ubo/?hl=fr

Accompagnement des personnels

L’équipe du SSU, spécialisée en santé du travail, propose de plus aux personnels, via des visites d’information et de prévention, un suivi individuel de l’état de santé des agents.  Dans une logique préventive, l'équipe du SSU collabore également, de manière directe ou indirecte, avec l'ensemble des services et avec leurs responsables, en particulier avec le pôle Qualité de vie au travail et accompagnement RH ou encore avec le service de Santé et Sécurité au travail (SST) de l’UBO.

Au sein du SSU, la psychologue des personnels et du travail intervient sur des situations individuelles et collectives. Elle accompagne les personnels et les services, à leur demande, dans un travail de compréhension, d'analyse et de recherche de solutions. La psychologue écoute, soutient et accompagne les personnels dans des problèmes liés directement ou indirectement à leur vie professionnelle (exemple : conflit avec un collègue, changement dans l’activité de travail, reprise après un long arrêt de travail, demande de reconversion professionnelle, deuil, divorce difficile, etc).

Une cellule d’écoute pour les étudiants, étudiantes et personnels

L’UBO a mis en place une cellule d’écoute qui offre un espace sûr pour tous les membres de l'université : étudiants, étudiantes, doctorants, doctorantes, ou personnels, victime, proche ou témoin. Chaque personne peut s'exprimer librement dans un cadre bienveillant et confidentiel, dans le respect de l'anonymat. L’objectif est d’apporter un soutien aux victimes en leur offrant une écoute active ainsi que les ressources nécessaires dans leur démarche, à leur rythme, vers les acteurs locaux L’accès à la cellule se fait via une plateforme en ligne. La cellule Ecoute pour la communauté étudiante est composée de psychologues et d'assistantes sociales. La cellule Ecoute pour les personnels est composée d'une psychologue, d'une conseillère de prévention, d'un enseignant-chercheur et de la Vice-Présidente Vie de Campus et Qualité de Vie et Conditions de Travail. 

> En savoir + : https://www.univ-brest.fr/fr/page/plateforme-unique-decoute-et-de-signalement

 

La cellule CARE de la Faculté de médecine et des sciences de la santé

A la Faculté de médecine et des sciences de la santé, la Cellule Accompagnement à la Réussite des Etudiants (CARE), composée d’enseignantes et enseignants, d’étudiants et étudiants élus et de deux psychologues du travail, sont à la disposition de la communauté étudiante pour aborder le vécu des études, l’organisation et la méthode de travail, l’organisation des études, les stages, le projet de vie , les aspects financiers, etc. 

> En savoir + : https://www.univ-brest.fr/faculte-medecine/fr/page/care-cellule-d-accompagnement-la-reussite-des-etudiants

De la psychologie à la psychiatrie, l’UBO propose, à la Faculté de Médecine et des Sciences de la Santé, ainsi qu’à la Faculté de Lettres et Sciences Humaines Victor-Segalen, des formations de pointe dans le domaine de la santé mentale.

Se former en psychiatrie…

Après un parcours universitaire commun à toutes les étudiantes et tous les étudiants en médecine, les futurs psychiatres se forment pendant 4 ans, dans le but d’obtenir le diplôme d’Etat en médecine et le diplôme d’études spécialisées (DES) en psychiatrie. Les internes pourront choisir de se diriger vers la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, ou bien la psychiatrie de la personne âgée. Dans le cadre de son projet professionnel, et en regard des besoins de santé et de l’offre de formation, l’étudiante ou l’étudiant peut être conduit.e à candidater à une formation spécialisée transversale (FST) en addictologie, douleur, expertise médicale - préjudice corporel, nutrition appliquée, ou encore pharmacologie médicale / thérapeutique.

Et en psychologie

A la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor-Segalen, plusieurs parcours de formation en psychologie sont proposés, de la licence au doctorat. La licence en psychologie apporte ainsi aux étudiants une formation pluridisciplinaire, aussi bien théorique que méthodologique, dans toutes les sous-disciplines de la psychologie (clinique et psychopathologique, cognitive, développementale, sociale), en biologie, en neurosciences, en statistiques, en informatique et en langues vivantes.

Au sein du Master mention Psychologie Clinique, Psychopathologie et Psychologie de la Santé, plusieurs parcours sont mis en place pour former de futurs psychologues spécialisés dans les troubles du développement et des situations de handicap, ou encore dans l’accompagnement des personnes âgées. Le Master mention Psychologie comporte également différents parcours visant à former des psychologues cliniciens capables de prendre en charge des situations et pathologies liées aux traumas, précarités et exclusions (parcours SPI), des psychologues cognitivistes, spécialistes de l'apprentissage, de l’utilisation et de l’évaluation de systèmes de simulation pour le secteur de la formation (parcours CAER), ainsi que des psychologues sociaux spécialisés dans la conception d’études quantitatives et qualitatives en matière de représentations sociales (parcours RESPI).

Les connaissances et compétences en psychologie au cœur de nombreux parcours de formation, du sport à l’enseignement

D’accompagnatrice, accompagnateur de sportifs de haut niveau à enseignante, enseignant, de juriste à l’ensemble des métiers du soin (orthophoniste, sage-femme, gynécologue, ergothérapeute,), de nombreuses formations comportent un socle essentiel d’enseignements en psychologie. Parce que le bien-être des individus est au cœur d’une grande majorité de métiers. C’est le cas par exemple du Master Entraînement et Optimisation de la Performance Sportive, Parcours Accompagnement de la performance individuelle et collective, qui forme des professionnels compétents pour accompagner des personnes (ou des équipes) impliquées dans la réalisation d’un projet de performance, du Master Activité Physique Adaptée et Santé - Parcours Prévention-Santé qui forme des futurs  professionnels de la rééducation, de la prévention, de l’accompagnement de la personne âgée ou handicapée, de la licence Sciences de l'éducation, parcours "Ecole et Enseignement", qui prépare au métier de professeur des écoles et conseiller principale d'éducation, ou encore du Master en droit des personnes vulnérables.

Des cours facultatifs intégrés au cursus. 

Les étudiants et étudiantes de deuxième et troisième années de licence peuvent choisir de participer à deux unités d’enseignement libre : 

  • Découverte de la psychologie positive
  • Gestion du stress comprendre et gérer les émotions

Ces enseignements complémentaires à leurs cursus leur apporteront des atouts pour leur future vie personnelle et professionnelle.

Les formations continues en santé mentale pour les professionnels du territoire

Afin de permettre aux professionnels du territoire d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences en santé mentale, l’UBO met à leur disposition un vaste panel de formations continues dédiées. 

Quelques exemples : pour prévenir ou prendre en charge les troubles psychiques chez les jeunes, il existe le Diplôme d'Université Adolescents Difficiles. L'objectif est de mieux comprendre les comportements perturbés et perturbateurs des adolescents et de construire un accompagnement coordonné avec les différents acteurs impliqués du territoire, basé sur les nouvelles approches thérapeutiques. La formation courte "Prévention en santé mentale et jeunesse" apporte une base de connaissances solide aux professionnels en lien avec des adolescents en fragilité psychique ou en risque de développer des troubles psychiques. Pour les professionnels en santé au travail, des thématiques de formation courte sont proposées afin de faciliter l'identification d'une pathologie mentale chez un salarié et ainsi, permettre une prise en charge adaptée. D'autres sujets liés sont également traités dans l'offre de formation professionnelle de l'UBO : addictologie, prise en charge des conduites suicidaires, accompagnement des femmes et enfants victimes de violences intrafamiliales...

En 2025-2026, trois nouvelles formations diplômantes à destination des professionnels médicaux, paramédicaux et/ou sociaux, viennent enrichir cette offre pour mieux connaître, comprendre et soigner, tout au long de la vie : 

> En savoir + : https://www.univ-brest.fr/formation-continue-alternance/fr/page/sante-mentale-et-psychiatrie-connaitre-comprendre-et-soigner-tout-au-long-de-la-vie-zoom-sur#

Les formations de l'université de Bretagne Occidentale s’adossent à une recherche en lien avec les questions de société. La santé mentale est l’une de ces thématiques sociétales centrale et pluridisciplinaire. Les recherches dans ce domaine sont à l’interface entre psychologie, sociologie, médecine, droit…

A l’UBO, un laboratoire de recherche est entièrement dédié à la psychologie: le LP3C (laboratoire de psychologie : cognition, comportement, communication). Si la santé mentale n’est pas le cœur de leurs travaux, cette thématique infuse dans toutes les recherches.

Le LP3C est un laboratoire multi-site (UBO, UBS, Rennes 2). Le site UBO du LP3C est réparti entre la faculté des lettres et sciences humaines, l’IUT de Quimper et les sites des INSPE (Vannes, Rennes, Saint-Brieuc), illustrant les liens forts entre psychologie et éducation. Le site UBOcompte 13membres permanents, quatre doctorants etdoctorantes, 5 à 6 membres non permanents (LRU, ATER, ingénieur·es d’études, etc.), et de nombreux vacataires, membres associés, stagiaires, etc.

À l’UBO, les chercheuses et chercheurs du LP3C ont plusieurs spécialités dont deux principales : la psychologie sociale et la psychologie du développement. D'autres psychologies sont également représentées : psychologie clinique, psychologie différentielle, psychologie environnementale et psychologie de la santé. Toutes ces spécialités étudient la question de la santé mentale, mais selon des différents points de vue. Le regard d’une psychologue sur la santé mentale ne sera pas le même que celui d’une médecin ou d’une sociologue. On travaille souvent en interdisciplinarité, ce qui permet d’aborder la question de la santé mentale par différents angles, ça oblige également à l’écoute réciproque. La frontière peut être mince entre les disciplines, mais c’est l’entrée d’étude (la manière d’aborder l’objet l’étude) qui va être différente. Par exemple, la porte d’entrée en psychologie c'est l’individu, on étudie et on cherche à comprendre les mécanismes socio-cognitifs, individuels et collectifs, en lien avec une thématique. Par exemple, à Brest, les chercheuses et chercheurs du laboratoire travaillent sur des questions d'identité et d’attachement au lieu, sur le bien être et la qualité de vie, ou encore sur le vieillissement et le handicap. Chaque scientifique à sa propre thématique de travail : ce qui nous réunis toutes et tous, c’est la psychologie.” Elisabeth Guillou, professeure en psychologie et directrice adjointe du LP3C, responsable du site UBO.

Les recherches scientifiques sur la santé mentale ne se limitent pas à la psychologie. Au laboratoire de recherche en droit (Lab-LEX), un axe de recherche est dédié à la notion juridique de vulnérabilité. Les travaux menés par les membres de cet axe ont pour objectifs, à la fois de définir juridiquement cette notion complexe et polymorphe de vulnérabilité, mais aussi de produire une analyse des instruments juridiques spécifiques devant permettre une meilleure protection des personnes vulnérables.

Si on s’intéresse aux personnes vulnérables, on s’inscrit plus particulièrement dans le droit civil et dans le droit pénal. Le droit civil permet d’arbitrer un conflit entre des personnes et de tenir compte des risques exacerbés auxquels certaines personnes peuvent être confrontées (par exemple, les mineurs ou les majeurs protégés). Le droit pénal s’inscrit entre l’accusé et la société pour punir des actions répréhensibles (contraventions, délits ou crimes) avec la possible prise en compte de la particulière vulnérabilité de la victime (par exemple, par l’aggravation des peines encourues).

“En droit civil, les personnes atteintes de handicap physique ou mental, ou souffrant de troubles psychiques ou neuropsychologiques, ne sont pas automatiquement considérées comme vulnérables : le code civil ne définit pas juridiquement la vulnérabilité. En revanche, le code pénal établit une liste de critères de la particulière vulnérabilité d’une personne : l’âge, une maladie, une infirmité, une déficience physique ou psychique ou un état de grossesse. Ainsi, les mineurs, les majeurs protégés (sous tutelle ou curatelle) et les femmes enceintes peuvent être considérés comme vulnérables. Pénalement, prouver juridiquement la vulnérabilité de la victime permettra d’établir des circonstances aggravantes ou de qualifier un acte infractionnel (par exemple, un abus de faiblesse). Par ailleurs, si l’auteur d’une infraction pénalement répréhensible est atteint de troubles psychiques ou neuropsychologiques, on peut prendre en compte l’altération du discernement, voire la perte de discernement et dans ce cas, la personne est considérée comme irresponsable pénalement.
Finalement, en recherche en droit, la santé mentale n’est pas nécessairement le sujet de la recherche, mais les personnes atteintes de troubles psychologiques ou neuropsychologiques représentent un public cible dans un contexte particulier qui sert de terrain d’étude.” François-Xavier Roux-Demare, maître de conférences en droit privé et co-responsable de l’axe “Vulnérabilité” du Lab-LEX .