UBO, université inclusive : portrait de Cathy Guivarch

Le
UBO
Dossier Université inclusive 2025

Cette année, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a 20 ans ! À cette occasion, l'UBO vous invite à découvrir les dispositifs, recherches et formations autour du handicap au travers de portraits inspirants de ses personnels, étudiantes et étudiants. Portrait #2 : Cathy Guivarch est enseignante EPS au Service Universitaire des Activités Physique et Sportives (SUAPS). Elle encadre des activités de bien être : relaxation, yoga, stretching ainsi que de l'escalade. Cathy propose également des activités de sport adapté, dans le cadre de la maison sport santé universitaire UBOuge.
cathy guivarch

« Je crois à 200 % aux bienfaits du mouvement sur le corps et sur l'aspect mental. Je constate un progrès  chez les participants, même en peu de temps. Leurs retours mettent en avant que l'approche santé leur a donné le goût de commencer et de poursuivre une activité physique.»

Cathy Guivarch, enseignante EPS

Votre parcours professionnel est marqué par une transition du collège à l'université après plus de 20 ans d'enseignement. Qu'est-ce qui a motivé ce changement et votre intérêt prononcé pour le bien-être et l'adaptation des pratiques ?

Cathy Guivarch : Après plus de 20 ans d'enseignement en tant que professeure en éducation physique et sportive au collège j'ai cherché un renouveau professionnel, et à trouver du sens. Enseigner auprès de publics différents (dans le 93, en SEGPA …) m’a fait évoluer vers l'adaptation, la santé et le bien-être, plus que vers la compétition, d'où mon intérêt pour le yoga et la méditation. J'ai d'ailleurs suivi une formation intensive de professeur de yoga en 2021. Au collège, j'avais développé des “classes expérimentales bien-être” et créé une association sportive gratuite pour lutter contre la sédentarité des élèves. J’ai été marquée par une conférence du professeur Carré, cardiologue à Rennes et figure  de la lutte contre la sédentarité et l’inactivité en France, qui annonçait un véritable "tsunami sanitaire".


Vous avez suivi une formation d'éducatrice Sport Santé à l’UBO. Quel est le rôle de cette formation dans le dispositif de la Maison Sport Santé Universitaire (MSSU) et en quoi consiste concrètement votre intervention ?


C.G : La formation d'éducateur Sport Santé, que j'ai effectuée en juin, est indispensable, car le domaine est spécifique et nécessite des connaissances  sur divers profils (maladies chroniques, handicaps, troubles dépressifs..). Notre rôle dans la MSSU consiste à adapter les activités proposées, comme le yoga santé (que j'anime le mercredi à 12h30), le Pilates santé,  la natation santé  ou le surf santé. Nous veillons à adapter la pratique à la personne (par exemple avec du matériel adapté,  comme pour le yoga  sur chaise. L'idée est vraiment d'être inclusif; quatre à six places dans ces  cours du SUAPS sont réservées pour les personnes orientées par la MSSU.


Comment se fait l'accompagnement initial des personnes orientées vers la MSSU et comment assurez-vous la cohérence entre les différents services de l'université ?


C.G : L'accompagnement débute par un Bilan Sport Santé mené par les enseignants en activités physiques adaptées de la MSSU (Chloé ou Vincent). Ce bilan est essentiel pour être orienté vers un parcours d'activité physique correspondant aux attentes et projets des personnes. Certaines personnes ne peuvent pas être intégrées immédiatement à nos cours collectifs, le niveau de santé physique ou mental ne le permettant pas toujours. Vincent a construit un parcours tremplin d'activité physiques adaptées permettant aux personnes de développer une autonomie de pratique (connaissance et confiance) pour accompagner ces personnes, qui pourront ensuite être redirigées vers nous. Plusieurs orientations vers la MSSU sont possibles et propres à chaque acteur du dispositif, le service santé étudiant, le service d'accompagnement aux spécificités ou par nous-mêmes dans les cours. Chaque service à ses missions et ses responsabilités au sein du dispositif. Nous formons une équipe qui essaie d'entourer les personnes pour les accompagner au mieux, et lorsque quelqu'un est envoyé dans nos cours, nous faisons le point sur ses besoins et les interventions à privilégier. Cette collaboration est riche, car les intervenants de la MSSU peuvent nous conseiller, et nous, leur faire des retours terrains.


Au niveau individuel, quels sont les impacts observés de cette approche adaptée et du retour à l'activité physique, notamment sur l'aspect mental ?


C.G : Bien sûr je crois à 200 % aux bienfaits du mouvement sur le corps et sur l'aspect mental. Je constate un progrès  chez les participants, même en peu de temps. Leurs retours mettent en avant que l'approche santé leur a donné le goût de commencer et de poursuivre une activité physique. La progression physique est parfois rapide, le corps réapprenant à bouger dans différentes postures, la confiance s’installant. Au niveau mental , le fait de pratiquer dans un groupe apporte un bien-être, cela  répond à un besoin de  lien social et de partage.


Au-delà du soutien individuel, quelle dynamique et quels apports la Maison Sport Santé Universitaire génère-t-elle au sein de l'établissement ?


C.G : La MSSU apporte une dynamique de coordination et de liens entre les services. Lors de la dernière matinée d'accueil des personnels, Chloé, l'ingénieure coordinatrice, a noté un grand intérêt au dispositif, de la part de services de l'UBO proposant des actions avec des objectifs communs comme le bien être émotionnel et physique. Ces rencontres permettent de créer des idées de partenariat pour sensibiliser et informer le public. Il y a une volonté de réfléchir ensemble à la détection des étudiants et du personnel dans le besoin et qui pourraient bénéficier du dispositif. De plus, la MSSU permet de toucher ceux qui sont éloignés de l'activité physique du fait d'un manque de connaissance, d'emplois du temps variables, d'un handicap ou d'une pathologie chronique par exemple, et qui n'oseraient pas venir aux séances du SUAPS vis à vis de la peur du "regard des autres". Elle offre ainsi une étape supplémentaire et plus adaptée pour informer, rassurer et élargir l'offre de bien-être et d’activité physique au sein de l'université.