UBO, université inclusive : portrait de Jade Falher

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Dossier Université inclusive 2025

Cette année, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a 20 ans ! À cette occasion, l'UBO vous invite à découvrir les dispositifs, recherches et formations autour du handicap au travers de portraits inspirants de ses personnels, étudiantes et étudiants. Portrait #7 : Jade Falher accompagne les étudiantes et étudiants en situation de handicap en tant que secrétaire d'examen, en parallèle de ses études de médecine.
Jade Falher

« C’est une mission très gratifiante, on sent vraiment que ce que l’on fait a un intérêt»

Jade Falher, étudiante en médecine et secrétaire d'examen

Quel est votre parcours ?


Jade Falher : Je suis originaire du Mans, j’ai intégré il y a 3 ans la faculté de médecine de l’UBO via Parcoursup.

 

Qu’est-ce qui vous a poussée à devenir secrétaire d’examen ?


J.F : J’étais en deuxième année de médecine quand j’ai reçu un mail du service Handiversité (aujourd’hui SAS) qui recherchait des personnes pour aider les étudiantes et étudiants en situation de handicap. Ça m’a tout de suite parlé, car les questions  d’inclusion et d’égalité des chances sont très importantes pour moi. J’ai trouvé ça gratifiant, et c’était compatible avec mes propres examens, donc j’ai continué depuis.

 

En quoi consiste votre rôle de secrétaire d’examen ?
 

J.F : Cela dépend du handicap. Pour les personnes tétraplégiques, par exemple, je vais écrire les réponses qui me seront dictées. C’est le cas pour les personnes souffrant de troubles dys également. Pour d’autres types de handicap, comme l’autisme, c’est plutôt de la reformulation des questions.

 

Qu’est-ce qui est le plus dur dans cette mission ?
 

J.F : Le plus dur c’est de rester neutre, de ne pas influencer ou donner les réponses à l’étudiante ou l’étudiant. C’est toutefois rarement le cas car les examens sont généralement dans d’autres disciplines que la mienne. En fonction du handicap on peut aussi avoir des décrochages d’attention, et là, le plus dur, c’est d’amener la personne à se focaliser à nouveau sur l’épreuve.

 

Quel est votre meilleur souvenir en tant que secrétaire d’examen ?


J.F : Je me souviens d’une rencontre avec un étudiant tétraplégique. Il sortait d’une mauvaise expérience en études supérieures dans une école privée, au sein de laquelle il avait subi de la discrimination et il avait été mis en échec. Arrivé à l’université, il s’est senti mieux pris en considération, et il a pu bénéficier d’aides et d’aménagements qui lui ont permis de réussir. C’est une mission très gratifiante, on sent vraiment que ce que l’on fait a un intérêt.

Est-ce que cela a changé votre vision du handicap ? 


J.F : Oui, forcément, parce que je n’avais pas beaucoup de connaissances avant de commencer mes études. J’avais toutefois une amie qui avait bénéficié d’aménagements au lycée pour son handicap, et j’avais pu voir quel parcours du combattant elle vivait, pendant que d’autres pensaient qu’elle était privilégiée. 
Je pense que cette expérience me sera aussi très utile pour mon avenir professionnel dans le domaine de la médecine.

 

Comment selon vous pourrait-on améliorer la prise en compte du handicap à l’université ?


J.F : Je pense que toutes les personnes qui pourraient être concernées par les aides ne le savent pas forcément. Il faudrait qu’on entende plus parler de ces dispositifs..
Les enseignantes et enseignants pourraient aussi être mieux formés au handicap, pour adapter leurs supports de cours. Il y a aussi l’accessibilité des locaux qui mériteraient d’être améliorée.

Que diriez-vous aux étudiantes et étudiants pour leur donner envie de devenir secrétaire d’examen ? 


J.F : Ce n’est pas très chronophage, les missions sont adaptées à nos propres emplois du temps, et c’est une mission rémunérée. Le contact humain est très enrichissant. Cela permet aussi de favoriser l’égalité des chances, d’apporter sa pierre à l’édifice pour une université plus inclusive.