UBO, université inclusive : portrait de Loïc Marrec

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UBO
Dossier Université inclusive 2025

Cette année, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a 20 ans ! À cette occasion, l'UBO vous invite à découvrir les dispositifs, recherches et formations autour du handicap au travers de portraits inspirants de ses personnels, étudiantes et étudiants. Portrait #10 : Loïc Marrec est parrain du projet Tous EGO et fondateur de l’entreprise de conseil en management, Splicing Minds. Il nous raconte son parcours et son implication dans le projet Tous EGO.
Loïc Marrec

« Le projet Tous EGO incarne cela : mettons en place des choses qui servent à tout le monde, il n’y a pas besoin d’indiquer qu’un dispositif est pour une personne en situation de handicap, faisons juste des choses adaptées à tout le monde et à ce moment nous serons « tous égaux ». »

Loïc Marrec, parrain du projet Tous EGO et fondateur de l'entreprise de conseil en management Splicing Minds

 

Quel est votre parcours ? 

Loïc Marrec : Je suis originaire de Brest. Après un an à la faculté de médecine, je rentre à la faculté des sciences et techniques à l’UBO pour réaliser un DEUG SV (Sciences de la Vie). Je me suis beaucoup investi en parallèle dans la vie associative, je m'intéressais à comment réaliser des projets qui sortent de l’ordinaire et qui puissent servir. J’ai créé l’association Abyss pour le DEUG SV puis j’ai pris la présidence de la Fédé B pendant un an. J’ai également été élu au conseil d’Administration de l’UFR de la Faculté des Sciences et Techniques, puis élu au conseil d’Administration de l’université et Vice-président Étudiant.

Il n’y a qu’à l’université que l’on peut autant s’exprimer et être impliqué dans les décisions avec une place clairement identifiée en tant qu’élu. Ce que je retiens de cette période est que tout est possible, avec les associations, on peut embarquer les enseignants et les personnels comme les étudiants.

J’ai poursuivi mes études à l’ESIAB à Quimper dans la formation d’ingénieur en agroalimentaire, en alternance. Après plusieurs expériences de responsable qualité, production puis d’usine, et mon accident qui m’a mis à l'écart du travail pendant un an et demi, j’ai été pendant 8 ans directeur d’usine Aux Délices de la Mer. En parallèle, j’ai obtenu un Master Administration des Entreprises à l’IGR (Institut de Gestion de Rennes) à Rennes, et j’ai créé en 2023 mon entreprise de conseil en management, Splicing Minds.

 

Vous êtes parrain du projet Tous EGO. Qu’est-ce qui vous a amené à le devenir ?

L.M. : J’ai rencontré Yves Quéré, vice-président Transitions de l’UBO et co-porteur du projet Tous EGO, en 2001 lorsque j’étais à la Fédé B. Après avoir monté ma société, et étant en situation de handicap, j’ai commencé à participer aux marathons créatifs de l’UBO Open Factory et j’ai revu Yves Quéré à cette occasion. Il m’a parlé de l’appel à projet « universités inclusives démonstratrices » du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et lorsque l’UBO l’a remporté en juin 2024, il m’a proposé de devenir parrain.

Ce qui me motive dans le projet Tous EGO, c’est l’environnement universitaire où tout est possible et l’université est un passage qui te forme dans ta vie. 
Ma vision du handicap est que le sujet du handicap est compliqué par manque de connaissance de la société. A partir du moment où la différence est connue, est-ce réellement une différence ? Le projet Tous EGO incarne cela : mettons en place des choses qui servent à tout le monde, il n’y a pas besoin d’indiquer qu’un dispositif est pour une personne en situation de handicap, faisons juste des choses adaptées à tout le monde et à ce moment nous serons « tous égaux ». Par exemple, une rampe peut être utile aux personnes en fauteuil roulant, aux poussettes, aux cyclistes, sans besoin d’indiquer qu’elle est destinée aux personnes en situation de handicap. 

Je ne considère pas le handicap comme mon identité, je suis Loïc Marrec et comme tout le monde j’ai mes contraintes. La bienveillance est essentielle et quand autour de soi des personnes sont prêtes à trouver des solutions, tout est possible. 

 

Quelles expérimentations espérez-vous voir aboutir ?

L.M. : Toutes les expérimentations sont intéressantes car le projet Tous EGO utilise la même méthode : répondre à un besoin le plus large possible, car on ne peut pas tout faire et être spécifique. Les expérimentations sont portées par les étudiants, accompagnées et challengées en fonction du besoin. Plus les expérimentations s’adressent à un large besoin, plus elles pourront servir au plus grand nombre. Une idée qui se met en place, qui est un succès, donnera des idées pour d’autres. 

 

Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’une université est vraiment inclusive pour ses étudiants ? 

L.M. : Une université est inclusive quand chaque personne qui y évolue, qui se déplace, a accès à ce dont elle a besoin sans se poser de question, par exemple, accéder à une salle de cours.

Dans une moindre mesure, quand on veut accéder à quelque chose, qu’on puisse trouver la solution facilement sans dépendre de quelqu’un d’autre et être autonome. Être autonome est précieux, je m’en suis rendu compte après avoir perdu mon autonomie lors de mon accident. La retrouver a été un des objectifs de ma rééducation.

L'idéal serait d'avoir le même niveau d'accès pour tout le monde et que, grâce à la multiplication des actions du projet Tous EGO, l'état d'esprit évolue, que rendre tout accessible devienne un réflexe pour chacun et que les usagers de l'université puissent constater que tout est fait pour tout le monde.

 

Selon vous, est-ce qu’une université inclusive impacte la vie professionnelle future d’un étudiant ou une étudiante ?

L.M. : Je pense que si les étudiants qui passent deux, trois, cinq ans à l'université sont habitués à ce que cette différence soit évoquée, connue, à ce qu'on s'adapte naturellement, qu'on ne se pose plus de questions et qu'on puisse en parler librement, que ça devienne un réflexe, alors quand ils arriveront dans le monde du travail et constateront l'absence de ce même état d'esprit et de ce même niveau d'équipement, cela les amènera plus tard, lorsqu'ils auront des responsabilités et le pouvoir d'agir, à se dire « je peux changer les choses » et ils le feront.

L'université est encore un très bon moment pour que ce bagage d'ouverture et de tolérance arrive. C'est ce qu'incarne l'université : c'est le moment où il commence à avoir un mélange de cultures et d'horizons gigantesque. Cet environnement est ce qui se rapproche le plus de la vraie vie et de la vie professionnelle. Avoir cette expérience de rencontrer des personnes de tout horizon, de toute condition, de tout handicap, permet ensuite de savoir ce qu'on veut voir dans le monde professionnel et d'avoir les clés pour changer les choses.

 

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