Cette année, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a 20 ans ! À cette occasion, l'UBO vous invite à découvrir les dispositifs, recherches et formations autour du handicap au travers de portraits inspirants de ses personnels, étudiantes et étudiants. Portrait #8 : Mathieu Rietman est le Géo Trouvetou du handicap. Il met ses compétences en ingénierie et en entrepreneuriat pour faciliter le quotidien de nombreuses personnes.
« Les meilleurs projets, ce sont ceux pour lesquels les personnes me disent que ça leur change la vie. C’est ça qui me rend le plus fier»
Mathieu Rietman, ingénieur de recherche au Breizh Fabribus
Quel est votre parcours ?
Mathieu Rietman : J'ai fait une formation d'ingénieur à Delft, aux Pays-Bas en développement de produit industriel. J’ai toujours eu un attrait pour le handicap et pour aider les gens. Pour mon projet de fin d’études, je suis parti 5 mois au Malawi dans un centre de rééducation. J’ai travaillé là-bas sur la conception d’un vélo à main, pour le rendre moins cher et plus léger (24 kg contre 32 kg pour le modèle d’origine). Le vélo est toujours utilisé aujourd'hui ! Quand je suis arrivé en France, je me suis orienté vers la technique liée au handicap. J’ai donc fait une année en tant qu’orthoprothésiste, puis une année en tant que vendeur de matériel médical. J’ai ensuite travaillé dans un centre de rééducation à Lorient. C’est là que j’ai commencé à inventer des aides techniques, en lien avec les ergothérapeutes, les activités physiques adaptées et les orthoprothésistes, qui avaient un formidable atelier. Maintenant, j’ai mon propre atelier avec le Fabribus !
En quoi consiste votre rôle de pilote du Breizh Fabribus ?
M.R : Je recherche des solutions techniques aux problématiques rencontrées par les personnes en situation de handicap. Mon but est de concevoir, fabriquer et tester des aides techniques qui n’existent pas dans les catalogues des industriels, ou qui existent mais sont trop chers. Je travaille avec Christophe, avec qui nous sommes complémentaires dans le techniques de fabrication.
Quel est votre meilleur souvenir de l’aventure Breizh Fabribus ?
M.R : Les meilleurs projets, ce sont ceux pour lesquels les personnes me disent que ça leur change la vie. C’est ça qui me rend le plus fier. Ça peut être des choses très complexes comme des choses très simples. Je me souviens par exemple d’une personne paraplégique qui avait besoin d’installer une sonde pour uriner, une opération qui exigeait l’aide d’une personne, pour installer le dispositif. J’ai conçu une aide technique, sous la forme d’une planche qui, en prenant appui sur les genoux, permettait de tirer le pantalon et de le maintenir le temps de poser la sonde. La personne est devenue autonome pour ses besoins quotidiens, ce qui a réellement changé sa vie, avec une solution toute simple et low-tech.
En quoi le Breizh Fabribus a-t-il un impact positif à l’UBO ?
M.R : On a mis en place une méthodologie, avec Yves Quéré, vice-président transition à l’UBO, qui est de partir des problématiques du terrain pour trouver des solutions. C’est la logique qui est uilisée dans le projet Tous Ego à l’université. Concrètement, on a travaillé par exemple avec les étudiants de la filière sport adaptée (APAS) pour élaborer des planches de surf adaptées. Les planches du commerce ne permettaient pas de s’adapter à chaque handicap et chaque morphologie. On a donc testé un système de cales fixées avec des velcros sur la planche. Après avoir testé plusieurs systèmes et matériaux, la résistance à l’eau, au sable, on commence à aboutir à un projet presque mature.
On travaille également à la signalétique dans les ascenseurs en braille. Le but étant là aussi de tester plusieurs solutions, matériaux, emplacements, avant de déployer une solution à grande échelle qui serait définitive.
Quel est le prochain projet ?
M.R : On a beaucoup de projets en cours, mais la prochaine échéance importante c’est le Handi-Créathon, du 8 au 10 décembre. Pendant deux jours, des équipes vont travailler ensemble pour développer des solutions face à des problèmes liés au handicap. C’est un véritable accélérateur de projets.