Cette année, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a 20 ans ! À cette occasion, l'UBO vous invite à découvrir les dispositifs, recherches et formations autour du handicap au travers de portraits inspirants de ses personnels, étudiantes et étudiants. Portrait #9 : Evan Godin, étudiant engagé et survolté.
« L'inclusion est possible lorsque les structures sont adaptées, permettant par exemple aux personnes en fauteuil de s'entraîner en salle de musculation au milieu des autres.»
Evan Godin, étudiant en activités physiques adaptées et santé et moniteur de musculation.
Pourquoi ce choix d’études ?
Evan Godin : Mon intérêt pour le sport a commencé très tôt. J'ai obtenu un bac général scientifique avec une option sport (golf et gymnastique), ce qui m'a donné des enseignements théoriques sur l'activité physique dès le lycée. Étant passionné par les sports nautiques, notamment le surf et la voile, choisir Brest, avec son accès maritime était une évidence. Cependant, ce qui a vraiment orienté mon parcours universitaire en filière APAS, c'est mon engagement bénévole. J'ai participé à des courses caritatives pour l'Association des Paralysés de France et le Téléthon. Ces expériences m'ont certifié que je voulais m'orienter vers l’accompagnement de tous les publics et démontrer que, malgré la différence, « tout est possible ». Le fait que mes parents aient toujours travaillé dans le milieu de la santé (pompier et aide-soignante) a aussi joué, car j'ai toujours trouvé gratifiant d’aider des personnes à travers mes activités.
A quel métier vous destinez-vous ?
E.G : Mon objectif principal est de travailler dans la rééducation, idéalement en milieu aquatique. La balnéothérapie est, selon moi, essentielle à la rééducation, car l'eau est un élément très efficace, quelle que soit la pathologie. À long terme, je me destine à un poste où je pourrai être acteur et dirigeant, comme cadre d'un service de rééducation. J'aimerais développer de nouvelles activités (apnée, stretching dans l'eau), consolider des projets existants et trouver des financements. Mon profil est plus orienté vers la conception et la conduite de projet , en plus de la pratique sur le terrain.
Qu’est-ce qui vous attire dans les activités physiques adaptées ?
E.G : Ce qui m’attire, c'est l'aspect de performance et de compétition dans le sport adapté. Durant ma licence, j'ai notamment monté le Stade Brestois athlétisme sport adapté, où nous avons eu des athlètes qui sont allés au niveau national et ont participé à des stages de détection français. J'ai aussi été très investi dans le Para Surf de compétition. Par exemple, j'ai réalisé un documentaire en accompagnant une athlète quadri-amputée en championnat de France, où j'étais son binôme pour l'aider à prendre les vagues. Notre formation STAPS est un atout, car elle nous permet d'aborder la performance avec une bonne compréhension de l'accompagnement psychologique et sociologique, plaçant toujours la personne au premier plan de sa prise en charge.
Quels sont les bénéfices des activités physiques adaptées pour les personnes en situation de handicap ?
E.G : Les activités physiques adaptées ont de multiples bénéfices. Premièrement, elles réduisent les freins à la pratique en adaptant l'activité à la pathologie de la personne. L'activité s'adapte à la personne, et non l'inverse. Cela permet d'augmenter l'éventail des personnes touchées et de garantir que chacun y trouve son compte. C'est essentiel pour la santé et le bien-être physique et mental. De plus, en structurant les pratiques via des associations et fédérations, les activités physiques adaptées créent du lien social et luttent contre l’isolement, car les personnes peuvent se rencontrer et travailler ensemble pour s'améliorer. L'inclusion est possible lorsque les structures sont adaptées, permettant par exemple aux personnes en fauteuil de s'entraîner en salle de musculation au milieu des autres.
Avez-vous un projet après les études ?
E.G : Oui, j’ai deux types de projets. À court terme, dès la fin du master, j'ai l'intention de refaire des aventures et des voyages à grande échelle. L’idée est de partir à la voile, à la rencontre des populations éloignées (Pacifique ou Océan Indien) tout en pratiquant des sports aquatiques. Parallèlement, dans un cadre plus professionnel, j'ai récemment été recruté comme animateur pour l'équipe de France de Surf sur le projet "Stage Héritage". Ce projet vise à préparer les jeunes athlètes (8 à 18 ans) pour les Jeux Olympiques de 2032 et 2038. J'y utilise mes compétences STAPS en imagerie motrice et évaluations musculaires. Ces projets, bien que différents du stage traditionnel, enrichissent énormément mon parcours.