Cette année, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a 20 ans ! À cette occasion, l'UBO vous invite à découvrir les dispositifs, recherches et formations autour du handicap au travers de portraits inspirants de ses personnels, étudiantes et étudiants. Portrait #5 : Océane Bonnet est étudiante à la faculté des Lettres et Sciences humaines. Elle nous raconte son parcours et son rôle d’étudiante expérimentatrice dans le projet Tous EGO.
« J’encourage les futurs étudiants à ne pas avoir peur, à se dire que dans tous les cas ils pourront faire entendre leur voix et que des choses pourront être faites. »
Océane Bonnet, étudiante en faculté des Lettres et Sciences humaines
Quel est votre parcours ?
Océane Bonnet : J’ai 24 ans et je suis étudiante à l’UBO, à la faculté des Lettres et Sciences humaines, en Master 2 « Langues et Cultures celtiques en contact ». Je suis arrivée à l’UBO en 2019 après un bac L. J’ai suivi ma scolarité normalement puis j’ai pris un Régime Spécial d’Études (RSE) de deux ans pour mon année de L3 LLCER*, ayant une mauvaise santé à ce moment-là. Le RSE est un aménagement d’études qui permet de passer certains cours une année et d’autres cours une autre année sans que cela compte pour un redoublement. J’ai repris un RSE pour mon Master 1. Je compte faire mon Master 2 en un an.
Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir étudiante expérimentatrice pour le projet Tous EGO ?
O.B. : J’ai été contactée par Sabria Belhadj-Tahar, qui travaille au Service d’Accompagnement des Spécificités (SAS, ex-Handiversité), pour participer à des réunions à Segalen sur l’accessibilité qui ont été mises en place suite à des remarques que j'ai formulées. Au cours de ces réunions, j’ai rencontré Anne-Emmanuelle Le Minous et Elisa Le Lay de l’équipe Tous EGO. J’ai ensuite été informée de la création du groupe WhatsApp des étudiants expérimentateurs et j’ai réalisé que j’étais étudiante expérimentatrice depuis le début. Je n’ai jamais connu d’initiative similaire à Tous EGO, je trouve que c’est bien.
A quelles expérimentations avez-vous déjà participé ?
O.B. : Je participe à l’expérimentation pour la mobilité « Les balades apprenantes » à Segalen qui a mis en place des boutons en braille dans les ascenseurs. Avec Tous EGO, je participe également au groupe de travail pour le festival RESSAC. Pour l’expérimentation « Cartographions notre université », je n’ai pas pu participer aux cartoparties mais j’ai indiqué les données qu’il faudrait mettre sur la carte du campus.
Que pensez-vous du projet Tous EGO ?
O.B. : Je trouve que ce projet permet de véritablement faire avancer les choses. Avant Tous EGO, il n’y avait pas de choses concrètes mises en place. Il y a eu les premières réunions pour « Les balades apprenantes » et en l’espace de quelques mois, ce qui peut paraître long mais qui est en fait très rapide quand on compte depuis 2019, du braille a été ajouté, des bandes adhésives de signalisation dans les escaliers vont être installées, il y a de vraies réflexions sur l’accessibilité des personnes en fauteuil roulant.
Avec les cartoparties, on voit qu’il y a la possibilité que ça fasse bouger les choses. Je pense aussi que le groupe d’étudiants expérimentateurs est une très bonne idée car ça montre toutes les diversités. J’apprécie que le projet Tous EGO porte sur l’inclusion en général car il s’agit de la sécurité de chaque personne.
Quel message voudriez-vous faire passer à des lycéens ou étudiants en situation de handicap qui hésitent à entamer des études supérieures à l’université ?
O.B. : Je réfléchis à ce que j’aurais aimé entendre en étant au lycée. J’aurais voulu qu’on m’encourage dès le début à me faire entendre. La fac a beau être effrayante, nous sommes considérés comme des adultes donc notre voix compte que ce soit sur des questions d’accessibilité, de cours, de handicap. Nous ne sommes pas seuls et on a le droit de faire des propositions, de se plaindre aussi, pour faire évoluer les choses. J’encourage les futurs étudiants à ne pas avoir peur, à se dire que dans tous les cas ils pourront faire entendre leur voix et que des choses pourront être faites.
Au lycée, la hiérarchie est très forte. Je peux comprendre qu'en tant que personne en situation de handicap, on puisse s'imaginer que ce sera pareil à la fac, mais en plus compliqué parce que c'est plus grand. Pourtant, c'est une vraie chance d'évoluer : il existe de nombreux services dédiés aux étudiantes et étudiants en situation de handicap. Il est important de se renseigner sur ces dispositifs.
*LLCER = Langues, Littératures et Civilisations étrangères et Régionales.